Congrès Marx International VI
du 22 septembre au 25 septembre 2010
CRISES, REVOLTES, UTOPIES

SECTION ECOLOGIE

Coordinateurs : J.M. Harribey et Michael Löwy 
 

  J.M.Harribey    Michael Lowy

Université de Paris X Nanterre, bâtiment L, salle 211 


MOUVEMENT SOCIAL DU 23 SEPTEMBRE 2010 : DECLARATION

Thursday, September 23 will be a day of strikes and demonstrations in France


Liste de tous les intervenants
Liste de tous les intervenants de la section Ecologie

Atelier 1. Jeudi 23 septembre, 10h-12h, salle 211.
Crise économique, crise écologique, crise de civilisation 
Atelier 2. Jeudi 23 septembre 2010, 14h-16h, salle 211.
Convergence des révoltes anti-capitalistes et ecologiques
Atelier 3. Jeudi 23 septembre 2010, 16h-18h, salle 211.
Les alternatives radicales : l’écosocialisme


            Le débat sur l’écologie est directement lié à celui sur la crise économique, et en même temps il le dépasse ;  en fait,   les deux sont l’expression d’une véritable  « crise de civilisation »,  comme on l’a fortement souligné lors du dernier Forum Social Mondial à Belem do Para (Brésil).  Cette interconnexion se traduit aussi dans les luttes et dans les propositions alternatives.

         La section écologie du Congrès Marx VI sera organisée autour de trois axes :

1)     Crise économique,  crise écologique,  crise de civilisation.   Le réchauffement global -  « le plus grand échec de l’économie de marché » selon le rapport Stern -  comme menace pour l’humanité.

2)       Les révoltes anti-capitalistes prennent une coloration écologique,  et inversement,  les luttes écologiques posent la question du capitalisme ; les   affrontement des indigènes et paysans avec les multinationales dans les pays du Sud sont un exemple évident de cette convergence.

3)     Les alternatives radicales  (« utopies ») face à la crise de civilisation :  l’écologie socialiste  -  ou « écosocialisme » -  le « communisme solaire ».  Le combat pour la gratuité,  le refus de la marchandisation de la nature sont des aspects essentiels du combat pour cette alternative.

        Atelier 1. Jeudi 23 septembre, 10h-12h, salle 211. Crise économique, crise écologique, crise de civilisation   

CHESNAIS François, chesnaisf@free.fr, professeur émérite d’économie, Université Paris-Nord et LAVAULT, Christian, clavault@gmail.com professeur de Math-Info, Institut Galilée, Université Paris-Nord

Science, technique et capital : quels indices de la situation à la fin de la première décennie du 21ième siècle

L’hypothèse examinée est que le capitalisme libéralisé, dérèglemente et financiarisé a provoqué de nouveaux infléchissements dans les rapports entre la science, la technologie et le capital, allant au-delà de ceux
qui ont vu l’émergence et la domination déjà très forte de la « techno-science » (voir /inter alia/ Jean-Marc Lévy Leblond). Nous mettrons le degré inouï d’irresponsabilité des forages en mer profonde, qui été mis en évidence par le désastre écologique du Golfe du Mexique, en relation avec le financement au même moment par les mêmes groupes
pétroliers des campagnes de développement du « climat-scepticisme », de même que de campagnes de promotion d’une « science démiurge » (Hervé le Crosnier) en génie biologique, dans les nanotechnologies et dans plusieurs « méga-solutions » à la question de « l’énergie propre ». Nous lieront ces phénomènes aux « réformes » des universités et du CNRS en conformité avec le « processus de Bologne », dont l’un des buts est de faire en sorte que les Claude Allègre ne soient pas une exception même l’idéal type du « savant » au service d’un capitalisme conduisant l’humanité à la catastrophe".

CASTELO BRANCO Mauro mcbmoura2@gmail.com, Profesor del Departamento de Filosofía de la Universidad Federal de Bahía

La Riqueza Abstracta y la Crisis Ambiental

La riqueza abstracta (valor) no se constriñe a ningún límite y tiende a emanciparse de la riqueza concreta (valor de uso), subordinándola al proceso de valorización del valor que la caracteriza en cuanto forma capital. Al hacerlo, torna subsidiaria la satisfacción de las apetencias humanas y amenaza permanentemente sus propias fuentes (situadas en el plano de la finitud): la tierra y el trabajo.

FELLI Romain, romain.felli@unil.ch  politologue, Chercheur, Observatoire Science Politique et Société, Université de Lausanne

La gouvernance globale du climat comme relation capitaliste de production

Alors que le droit international est souvent présenté comme un outil permettant de réguler les "excès" du marché, en particulier en matière de politique environnementale, cette contribution vise au contraire à analyser les formes de "régulation" internationale comme des formes sociales capitalistes. L'approche retenu est celle d'une combinaison entre la théorie marxiste de la valeur et de l'"open marxism". Le régime climatique peut alors être analysé comme une forme de régulation de la compétition inter-capitaliste médiatisée par les Etats et qui produit une série de fétichismes: fétichisme de l'Etat, de la distribution et de la gouvernance globale. L'action politique est contrainte par ces formes sociales et les fétichismes qui leur sont inhérents.

HARRIBEY Jean-Marie, harribey@u-bordeaux4.fr , économiste, Professeur, Université de Bordeaux 4

Du travail à l'écologie pour penser l'après-capitalisme

Les objectifs de Kyoto, bien que limités, ne seront pas atteints, et la nécessité d’intégrer dans une régulation mondiale davantage de pays, notamment les pays émergents de plus en plus émetteurs de GES, rendent nécessaire le réexamen du choix ayant prévalu à Kyoto. Quels seraient les avantages d’une fiscalité écologique à la place ou en complément de la fixation et de la distribution de quotas d’émission et est-elle exempte de défauts ? Plus généralement, en quoi la comparaison des mécanismes de marché sous-jacents à une régulation par les prix et de ceux sous-jacents à une régulation par les quantités peut-elle éclairer la réflexion sur l’utilisation des mécanismes de marché dans le cadre d’une transformation sociale visant à dépasser la logique de l’accumulation capitaliste ? Ce questionnement pousse à revenir sur la différence entre capitalisme et marché. Le premier implique le second mais la réciproque n'est sans doute pas vraie.

        Atelier 2. Jeudi 23 septembre 2010, 14h-16h, salle 211. Convergence des révoltes anti-capitalistes et écologiques

    BARKIN David, barkin@correo.xoc.uam.mx, économiste, professeur, Universidad Autonoma    de Mexico

Social, Solidarity, and Ecological Economics: A new paradigm for social reproduction

In recent years, the discussion of ecological problems has broadened to include social concerns. In Mexico many peasant, communal and rural areas of Mexico offer an evolving model of organization that reflects their commitments a model of Social, Solidarity, and Ecological Economics (SSEE). This reflects the common recognition of the importance of the integration of these approaches to human development and the relationship of socio-economic processes with the environment.
This paper examines a number of experiences, joining them in an initial conceptualization of the SSEE, offering an integrated paradigm that highlights the ethical character of the exchange, production, and consumption processes. These alternatives are widely recognized as having contributed to transforming the conception of individuals into social (collective) subjects, as well as for changing the logic of production to deepen and extend communal processes, contributing to improve synergies between the communities and their environments.
Two theoretical schools have contributed to our work: 1) the Anti Utilitarian Movement in the Social Sciences (M.A.U.S.S.), created in France on the basis of the initial legacy of Marcel Mauss, an anthropologist who is widely recognized for his work on the “gift” at the beginning of the XX century, publishes a journal, Revue du MAUSS, that offers important analytical insights; and 2) the radical version of Ecological Economics that employs class analysis and focuses on different levels of struggle to explain the process of social and environmental degradation wreaked by capitalist development. These approaches are complementary and their insights contribute to evaluate alternative proposals for the regional management of natural resources in sustainable way. The presentation argues that the SSEE represents a significant contribution for the development of a new theory for social reproduction.

GREEMAN Richard,  rgreeman@gmail.com, Histoire, chercheur,  directeur de la Fondation internationale Victor Serge, Montpellier

De l'écocide capitaliste à l'écosocialisme: comment arriver d'ici, là?

S’il reste une chance minime que la société humaine survive aux crises écologiques et économiques du capitalisme, ce sera en le replaçant en temps utile par un système planétaire écologique, égalitaire et coopératif. Contre la quasi-certitude de catastrophe planétaire sous le capitalisme moribond et mortifère, il faut parier sur le rêve peu
probable d’un monde futur écosocialiste sain et harmonieux. L’Ecotopie est donc un pari que nous ne pouvons pas refuser.
Mais ‘un autre monde,’ est-ce vraiment ‘possible ?’ Le marxisme critique, la théorie de la complexité, et certaines idées de Castoriadis se conjuguent ensemble avec la technologie de la Toile pour suggérer une possibilité révolutionnaire : l’émergence planétaire de vastes mouvements coordonnés par Internet – les milliards contre les milliardaires – capables de surmonter le capitalisme et instaurer la démocratie active par en bas. Selon cette ‘Hypothèse d’Archimède
moderne,’ la Toile propose à l’Humanité une plateforme où se tenir afin de soulever le monde en actionnant le levier de la solidarité internationale sur la base du point d’appui d’une conscience
planétaire du danger.

Ecotopia versus Capitalist Ecocide : How to get from here to there ?

If there remains a marginal chance chance for human society to survivecapitalism's economic and ecological crises, it would entail replacingthe competitive profit system with a planetary network of producers --a green cooperative commonwealth. Against the near certainty of planetary catastrophe under predatory capitalism, we must bet on the unlikely dream of a harmonious, healthy ecosocialist world. Ecotopia is a bet we can't refuse, but is ‘Another World’ really possible? Complexity theory, critical Marxism and Internet technology all suggest the revolutionary possibility of a vast planetary Emergence of global solidarity overcoming capitalism. According to this modern
‘Archimedes hypothesis,’ the Internet provides humanity with a ‘place to stand’ and activate the ‘lever’ of international solidarity, based on the ‘fulcrum’ of planetary consciousness, to effectively ‘lift the world’ out of capitalist ecoside.

        Atelier 3. Jeudi 23 septembre 2010, 16h-18h, salle 211. Les alternatives radicales : l’écosocialisme

LÖWY Michael , michael.lowy@orange.fr  sociologue, Directeur de recherches émérite au CNRS

Crise écologique, catastrophe climatique et utopie écosocialiste

    Le réchauffement global répresente une menace sans précédent pour la vie sur la planète. Le système capitaliste, responsable de cette crise, est structurellement incapable d’apporter une issue. Pour affronter les enjeux du changement climatique il faut un changement radical, qui touche aux fondements du système capitaliste, un changement du paradigme de civilisation, et la transition vers une nouvelle société, où la production sera démocratiquement planifiée par la population dans le respect des équilibres écologiques; c’est ce que nous désignons par le terme écosocialisme.

MARTINEZ  ANDRADE Luis, luisma_andrade@hotmail.com  sociologue, doctorant EHESS, Paris

L’éco-socialisme comme utopie concrète du XXI siècle

Le processus d’accumulation du capital a non seulement entraîné des conséquences anti-éthiques (des inégalités sociales entre le Nord et le Sud) mais également des conséquences catastrophiques pour la nature (réchauffement de la planète, changements climatiques, etc.). Ainsi, la critique de la forme civilisatrice doit être nourrie d’une perspective libératrice. En ce sens, l’éco-socialisme essaie d’unifier la critique de la forme hégémonique avec la défense d’une démocratie radicale. En suivant les suggestions d’Arno Münster, d’André Gorz, de Michael Löwy et de Leonardo Boff nous essayerons de comprendre les défis du projet éco-socialiste afin d’arracher le noyau libertaire du socialisme et « le cœur rouge » du discours écologiste. Notre but est de démontrer la pertinence de l’éco-socialisme en tant que du discours et de la pratique émancipatrice dans le XXI siècle.

MÜNSTER Arno, arnomunster@yahoo.fr Maître de conférences émérite de philosophie (Université de Picardie Jules Verne/Amiens

Quelles perspectives politiques et morales pour l'éco-socialisme?

Si l'éco-socialisme se définit comme "une tentative originale d'articuler les idées fondamentales du socialisme marxiste avec les acquis de la critique écologique"(M.Löwy), il ne peut s'affirmer efficacement, dans la durée, contre les projets réformistes et libéraux, qu'en tant qu'éthique radicale. Cette éthique radicale comporte la revendication de construire une démocratie authentique, élargie à la sphère économique (autogestion), et celle d'une transvaluation des valeurs traditionnelles et dominantes du capitalisme et de la société bourgeoise (propriété, appropriation privée des profits, individualisme, etc.)Ces contre-valeurs sont nécessairement les valeurs du socialisme (fraternité, égalité, justice sociale), complétées par les valeurs écologistes, en un sens restrient, à savoir, le respect de l'environnement, la prohibiition du gaspillage de l'énergie, le respect de la nature, des ressosurces et de la vie, sous toutes ses formes, le respect de la bio-sphère, la recherche de formes de vie nouvelles plus adaptées aux conditions de notre modernité, le coopérativisme, l'autonomie et la transformation du rapport traditionnel de l'homme à la nature.

MENGRONG Song, smlctc@hotmail.com  Professor, Party School of CPC Liaoning Provincial Committee

The Influence and Future of Eco-Marxism in China

In the 1980s Eco-Marxism was introduced to China. With the worrying environment degradation, more scholars study and spread Eco-Marxism. Some ideas of Eco-Marxism have been accepted by the CPC. However, it is yet to be acknowledged by the society. The influence of Eco-Marxism in China is still extending. Human-Nature harmony and sustainable development pursued by Eco-Marxism is the future of Chinese-Characterized Socialism.