Congrès Marx International VI
22 au 25 Septembre
2010
CRISES, REVOLTES, UTOPIES

SECTION SOCIOLOGIE 

Coordinateurs : Jean Lojkine, Michel Vakaloulis, Pierre Cours-Salies

lojkine.jean@wanadoo.fr    michel.vakaloulis@gmail.com   pierre.cours-salies@wanadoo.fr 

Université de Paris Ouest Nanterre La Défense, Bâtiment L, salles 310, 311, 218, 128


MOUVEMENT SOCIAL DU 23 SEPTEMBRE 2010 : DECLARATION

Thursday, September 23 will be a day of strikes and demonstrations in France


Liste de tous les intervenants
Liste de tous les intervenants de la section Sociologie

Plénière Sociologie. Jeudi 23 sept 2010, 16h-18h, Théâtre. En partenariat avec la Fondation Gabriel Péri
L’Europe et la gauche en crise   vidéo : http://www.canalc2.tv/video.asp?idvideo=9976
Atelier 1. Jeudi 23 septembre, 10h-12h, salle 310
Révolte, désobéissance, l'insubordination
Atelier 2. Jeudi 23 septembre, 14h-16h, salle 310
Crise systémique et émeutes en Grèce dans une perspective comparatiste
Atelier 3. Vendredi 24 septembre 9h-11h, salle 310
Approches marxistes théoriques contemporaines au Brésil
Atelier 4. Vendredi 24 septembre, 9h-11h, salle 311 (En partenariat avec la revue Les mondes du travail)
Résistances ouvrières
Atelier 5. Vendredi 24 septembre 11h-13h, salle 310
Analyses marxistes de la société brésilienne
Atelier 6 Vendredi 24 septembre 2010, 11h-13h, salle 311.
Médias, information, appropriation
Atelier 7. Vendredi 24 septembre 14h-16h, salle 128. Organisé par la Société Louise Michel
L'actualité du pragmatisme
Atelier 8. Vendredi 24 septembre, 14h-16h, salle 310
Retour de l’autogestion ?
Atelier 9.Vendredi 25 septembre 2010, 14h-16h, salle 218. Ecole doctorale : Economie, Organisation, Société (François Vatin)
Le vrai boulot: le travail par delà l'aliénation

Atelier 10. Vendredi 24 septembre, 16h – 18h, salle 310
Capitalisme et alternatives
Atelier 11. Samedi 25 septembre, 9h30-11h30, salle 128
Autogestion : expériences actuelles
Atelier 12. Samedi 25, 11h30-13h30, salle 310 (En partenariat avec Forum Paris – Corée)
Travail et politique dans la Corée aujourd’hui
Atelier 13. Samedi 25, 11h30-13h30, salle 310 (En partenariat avec la section Sciences Politiques)
L’impact de la crise dans l’espace public français


Crises des rapports sociaux, mouvements de résistance et politiques d'émancipation

 Nous partons des observations et analyses de comportements nouveaux induits par les effets de la crise sociale et économique : enquêtes locales, dans divers pays, éléments de reformulation d’hypothèses sur la dynamique de la société et de ses possibles transformations radicales, état du syndicalisme international et de ses luttes actuelles, état des débats et propositions du mouvement altermondialiste, etc.

Il s’agit d’insister sur l’apparition de problématisations transversales, liant droits,critique pratique des Etats et formes de résistance et/ou de dépassement du système capitaliste lui-même. Comment se posent les oppositions, ou les complémentarités, entre perspectives de régulation et ouverture à une transformation radicale ? Comment avancer dans une perspective de critique sociale unifiant le social, l’écologie, la démocratie, des droits à la mobilité des migrants ou les luttes contre toutes les dominations ?

 Nous proposons trois axes de débats et de contributions sociologiques :

1). La crise multifront du capitalisme dans ses différentes facettes

2). La dialectique de décomposition/recomposition des ripostes "classistes" et "sociétales" à l'hégémonie capitaliste aujourd'hui

 3). L’horizon politique en posant à nouveau la question du pouvoir et d’une reprise des projets d’une révolution démocratique

I. Quelle crise ?

La crise actuelle du système capitaliste est à la fois économique et transinstitutionnelle. Tus les appareils hégémoniques sont touchés simultanément, depuis l’entreprise, l’école, l’hôpital, la protection sociale, la justice, la religion jusqu’à la famille,la police, les partis politiques, les syndicats). Elle est aussi globale : crise mondiale, crise de civilisation et de ses valeurs universelles (progrès, raison, justice, solidarité). Elle est crise anthropologique, et enfin, crise de l’espèce humaine : crise écologique, crise des rapports homme/femme, parents/enfants.

II. Décalages : Luttes sociétales et lutte de classes

Le constat, général, que la nouvelle crise capitaliste (de suraccumulation) ne

« profite » pas aux social-démocraties, ni aux anciens partis communistes ou aux courants divers de la gauche radicale, renvoie aux décalages entre les formes politiques représentatives actuelles et les aspirations, confuses, ambivalentes, de la société travaillée par des mutations majeures qui n’ont pas d’équivalent dans notre histoire de l’humanité. On peut, par exemple, mentionner les aspirations complexes à l’autonomie individuelle, les adhésions contradictoires aux libéralismes économiques, politiques et culturels.

On observe un décalage profond et persistant entre le mouvement contradictoire de la société et les structures anciennes des partis et syndicats, où les femmes et les jeunes sont toujours minoritaires et s’impliquent plutôt dans des mouvements associatifs en dehors de l’espace politique institutionnel. En parallèle avec la montée des travailleurs intellectuels dans le salariat, il subsiste divers clivages culturels entre catégories sociales empêchant toute unification politique de la lutte des classes (force du mythe de la grande classe moyenne contre la hantise de la prolétarisation). L’individualisme consumériste entre en conflit avec les anciennes solidarités de classe. Enfin, la dépolitisation des conquêtes sociales du mouvement ouvrier (CE, conventions collectives, sécurité sociale, etc.) pèse lourdement sur la conjoncture.

III. Mouvements sociaux et rapport au politique

- Crise des anciennes utopies, montée de nouvelles utopies

Les modèles communistes et socialistes sont rejetés, au profit des utopies écologistes,libérales-libertaires, anti-utilitaristes, non marchandes (droit à un revenu d’existence ; reconnaissance d’un droit à l’emploi et à la formation), On pourrait valablement s’interroger sur la remontée des idéaux autogestionnaires, via Internet, et plus généralement, des formes de coordination en réseaux.

Le double échec des socialismes soviétiques et social-démocrates libère les interrogations sur le bien fondé des nationalisations (de droite comme de gauche), en l’absence d’une appropriation sociale des moyens de production. En même temps montent des questions sur le rôle des syndicats dans la recomposition politique des gauches et la construction d’alternatives sérieuses, crédibles, aux politiques néo-libérales.

- « Gradualisme » réformiste et « rupture révolutionnaire » (Jaurès/Guesde), grève générale versus représentation partidaire

Il y a plusieurs débats en Amérique latine sur le « socialisme du XXIe siècle » ou en Europe sur le « dépassement du capitalisme », sur la médiation politique et le rôle de l’Etat.

Nous proposons de mettre l’accent sur la dimension sociologique de ces débats. Quelles sont les pratiques réelles correspondant à ces clivages théoriques entre démocratie participative et démocratie représentative (dans l’entreprise et dans la cité) ?

 
Plénière Sociologie. Jeudi 23 sept 2010, 16h-18h, Théâtre. L’Europe et la gauche en crise (En partenariat avec la Fondation Gabriel Péri)

Vidéo : http://www.canalc2.tv/video.asp?idvideo=9976
(Si vous rencontrez des problèmes pour visionner, pensez à mettre à jour Flash Player)

LOJKINE Jean

Vidéo : http://www.canalc2.tv/video.asp?idvideo=9977

STEINKO Armando Fernández asteinko@emp.ucm.es professeur de sociologie, Université de Madrid

La gauche espagnole forcée de se refonder

La société espagnole se trouve actuellement à la fin d’un cycle qui commença avec le pacte entre le centre – droit et le centre – gauche en 1980. Ce pacte se fonde sur la destruction de la société du travail configurée pendant le fordisme et la création d’une société des revenus financiers et immobiliers. La constellation politique et culturelle créée pendant le période démocratique a été structurellement défavorable pour les organisations et les projets politiques de gauche. La crise de 2007-2008 a mis fin à cette situation. L’avenir est incertain et le présent est d’un grand défi pour les organisations de la gauche qui sont forcées de réagir et de faire un saut, de se «refonder». Mais comment le faire? Quels sont les moyens pour réussir à organiser la citoyenneté d’une société complexe et en crise? Quels sont les blocages et comment les surmonter ?

MOSCHONAS Gerassimos gmoschon@otenet.gr professeur en analyse politique comparée au département de Science Politique et d’Histoire de l’Université Panteion à Athènes

 L’Union Européenne et la gauche: les dilemmes modernes du réformisme et du radicalisme

Vidéo : http://www.canalc2.tv/video.asp?idvideo=9925

L’Europe vit une ère de (re)fondation. Un cycle historique, politique et institutionnel nouveau s’est mis en place dont les conséquences sur le plan de la politique intérieure et de la réalité proprement partisane ne sont qu’en partie visibles. Elles sont en outre largement inexplorées. Cette intervention vise à répondre à trois questions importantes pour la dynamique de la gauche en Europe : quelle est, compte tenu du dispositif institutionnel induit par l’UE, la place laissée aux partis de gauche ? Comment ce dispositif influence-t-il le réformisme et le radicalisme historiques ? Quelles sont les perspectives d’avenir à la fois pour la gauche modérée et la gauche radicale ?

VAKALOULIS Michel michel.vakaloulis@gmail.com maître de conférences en sciences politiques – Université Paris 8

Crise, action collective et projet politique

Vidéo : http://www.canalc2.tv/video.asp?idvideo=9926

L’intervention vise à restituer et à mettre en perspective les pratiques et les représentations des mouvements sociaux et citoyens dans leurs interactions prolongées et contradictoires avec les forces politiques. Il s’agit notamment d’éclairer les enjeux de cette articulation dans une double logique. D’une part, cerner l’apport des mobilisations collectives dans le fonctionnement de la vie socio-politique en France. D’autre part, analyser les difficultés rencontrées par les forces politiques progressistes dans leurs relations avec les acteurs sociaux mobilisés.
            Comment repenser et redéployer une activité politique de masse indexée sur les besoins et les attentes de la majorité des citoyens ? Quel projet politique de transformation sociale dans le contexte actuel marqué par la faillite des politiques du libéralisme mondial et la détérioration de la condition salariale ? Quelles innovations thématiques, programmatiques, symboliques, voire organisationnelles faudrait-il opérer pour donner crédit à l’idée d’émancipation sociale face à un capitalisme mondialisé de plus en plus destructeur ?

MARLIERE Philippe p.marliere@ucl.ac.uk professeur de sciences politiques à University College London (Université de Londres)

Après l’échec du New Labour, la social-démocratie européenne au pied du mur

Vidéo : http://www.canalc2.tv/video.asp?idvideo=9927

L’orientation néolibérale de la social-démocratie a été mise en échec sur le plan électoral, politique et intellectuel. Etendard d’un nouveau révisionnisme doctrinal, le New Labour britannique est aujourd’hui durablement affaibli et l’ensemble de la social-démocratie est au pied du mur. A partir des recompositions politiques qui vont survenir en Grande-Bretagne et ailleurs, trois questions peuvent être posées : 1) l’échec de l’expérience de « Troisième voie » permet-il d’espérer un rééquilibrage à gauche de la social-démocratie ? 2) Va-t-il entraîner une « renationalisation » des partis sociaux-démocrates ? 3) Va-t-il favoriser un rapprochement des gauches en Europe ?

Atelier 1. Jeudi 23 septembre, 10h-12h, salle 310 : Révolte, désobéissance, l'insubordination

MOURIAUX René rmouriaux@free.fr politologue, docteur d'Etat en Sciences Politiques, directeur de recherche honoraire à la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP)

Particulièrement en politique, sémantique historique et sociale du mot « violence »

Apparu en français au XIIIe siècle, le mot violence désigne principalement quatre réalités : déchaînement meurtrier de la nature, intensité extrême des émotions et des sentiments, comportement exceptionnellement brutal d’un individu, diverses formes d’injustices et de terreur imposées par des groupes ou par l’État (tyrannie, dictature, despotisme, autocratie, absolutisme, Terreur, terrorisme). Le contraire du mot violence est douceur (XIIIe siècle), comme le montre le vers de La Fontaine devenu proverbe : « Mieux vaut douceur que violence ». Le contradictoire de violence est « non violence » (1921) et celui de douceur «  contreviolence » (non encore daté).

OGIEN Albert albert.ogien@gmail.com sociologue, directeur de recherche au CNRS

La désobéissance civile comme forme d’action politique

Le recours à la désobéissance civile est, dans un régime démocratique et en temps de paix, un phénomène d’autant plus étrange qu’on peut douter de sa pertinence, de sa nécessité ou de son efficacité. En démocratie, la légitimité de la désobéissance civile peut être contestée que ce soit pour des raisons de légitimité (l’infraction à la loi républicaine ne doit pas être récompensée), pour des raisons politiques (les intérêts des individus ne peuvent pas prévaloir sur les intérêts de la collectivité), pour des raisons idéologiques (l’État ne doit pas céder à ceux qui le contestent) ou pour des raisons d’efficacité (désobéir ne s’attaque pas aux racines de l’aliénation et de la domination).
Les causes qui motivent aujourd’hui les actes de désobéissance civile n’ont plus la noblesse de celles qui ont marqué les grands mouvements historiques : la Résistance, la Guerre d’Algérie, celle du Viet Nam, le combat contre la colonisation, la ségrégation raciale ou celui pour le droit à l’avortement, sans remonter aux luttes fondatrices de Gandhi. Et pourtant des citoyens continuent à contester l’ordre établi en se plaçant en situation de désobéissance. Il s’agit de monter que les actes de désobéissance civile sont politiques au sens où ils agissent comme un aiguillon qui vient rappeler qu’il est de la nature d’un régime démocratique d’assurer des avancées continues des libertés des citoyens - même si la validité de chacune de ces avancées doit être gagnée contre ceux qui leur opposent la crainte de la dissolution de la société dans une inquiétante dépolitisation ou un individualisme inconséquent.

BAYOU Julien julien@generation-precaire.org Chaibi Leila leilachaibi@gmail.com Militants de Génération précaire, Jeudi Noir du logement

Une génération engagée ?

Atelier 2. Jeudi 23 septembre, 14h-16h, salle 310 : Crise systémique et émeutes en Grèce dans une perspective comparatiste

HALARIS Georges halaris@social.soc.uoc.gr professeur à l’Université de Crète, Grèce

La crise actuelle et le cas de la Grèce

La crise actuelle semble constituer une crise du capitalisme mondial mais les problèmes se posent de diverses façons pour les différents pays. Cela appelle à une double analyse. D’une part, au niveau central, celle du capitalisme néoliberal mondialisé et hautement financiarisé sous hégémonie étatsunienne. D’autre part, celle de chaque pays et de sa position dans la « division mondiale du travail ». Plusieurs questions se combinent, d’abord sur les effets de la crise, en tant que crise/s multiple/s, au niveau social, écologique, politique et civilisationnel, ensuite sur la sortie de crise, dont l’issue la plus probable pourrait être une tentative de remise en état du régime néolibéral et le repositionnement de l’hégémonie étatsunienne affaiblie par la crise. Il reste encore une question cruciale au niveau idéologique : l’emprise d’un populisme post-moderne, à partir de l’industrie culturelle et des médias, qui tend à masquer et à pervertir les enjeux des contestations qui ne manqueront de faire surface avec l’aggravation des conditions de vie des populations.
Après l’esquisse de ces traits fondamentaux, nous nous concentrerons sur les spécificités de la crise en Grèce, à partir de la crise fiscale en tant que nouvelle phase de la crise en cours, qui frappe actuellement le pays de plein fouet. Nous analyserons plus particulièrement deux aspects saillants : D’une part la manière dont le régime néolibéral s’est « indigénisé » en Grèce, dans sa diversité, jusqu’à ce que ses contradictions éclatent au grand jour. D’autre part, les différents aspects de la crise dans son déploiement. Nous insisterons aussi sur la « réception » de la crise par la classe politique, le monde du travail et la communauté universitaire, ainsi que sur son traitement par les entreprises des médias qui tend à masquer les vrais enjeux de la crise.

KOTRONAKI Loukia kotronakiloukia@gmail.com doctorante en sociologie politique, Université de sciences politiques et sociales – Panteion, Athènes, SEFERIADES Seraphim ssefer@ath.forthnet.gr professeur assistant à Université de sciences politiques et sociales – Panteion, Athènes, secrétaire de l’ Association de la Science Politique en Grèce

La crise manifestante : Une lecture conflictuelle de l’idiome grec

Les discours sur la question de la crise économique globale sont sans doute multiples et omniprésents. Au-delà de leurs divergences ou de leurs ambivalences, l’élément qui traverse comme un fil rouge tous ces débats actuels est la recherche d’une nouvelle stratégie de ratification du vieux contrat social. Qui sont les protagonistes et les antagonistes du contrat de la crise ? Par quelles procédures dramaturgiques les acteurs manifestent leur opposition et leurs revendications à l’égard des contraintes de la crise globale? Comment l’imaginaire et les répertoires conflictuels des luttes antérieures pénètrent dans les revendications du présent? Même si les réponses ne sont pas évidentes, leurs questionnements constituants sont tout à fait légitimes.

BERTHO Alain, bertho.alain@wanadoo.fr professeur d’anthropologie, Institut d’Etudes Européennes, Université Paris 8

Émeutes grecques et mondialité de la crise de la représentation

Nous vivons une période singulière où l’émeute dans le monde entier nous donne à voir l’effondrement de l’espace de la représentation politique. Chaque situation nationale dispose cet effondrement de façon singulière. Mais dans le même temps chaque crise nationalement située a un effet de résonance dans les autres situations. C’est cette contemporanéité subjective que l’approche comparatiste des émeutes peut aujourd’hui décrypter par l’analyse de l’événement lui-même et de son « répertoire » autant que par l’analyse de ses circonstances.

Atelier 3. Vendredi 24 septembre 9h-11h, salle 310 : Approches marxistes théoriques contemporaines au Brésil

BOITO Armando, armando.boito@gmail.com professeur de sciences politiques, Universidade de Campinas, Brésil

Les rapports de production capitalistes menacés par les capitalistes

Si nous lisons entre les lignes du Livre Premier du Capital et si nous regardons ce qu’il arrive dans le capitalisme d’aujourd’hui, notamment dans les pays dépendants, nous pouvons soutenir les thèses selon lesquelles : a) la tendance spontanée des capitalistes est d’imposer une régression à des rapports de production fondés sur le travail forcé – des modalités variées de servitude et d’esclavage; b) ce sont à la fois l'État capitaliste et le mouvement ouvrier qui les empêche d’agir de la sorte. Cette discussion ouvre plusieurs questions importantes, comme celle du rapport entre l'économie et l'État (bureaucratie et droit) dans la reproduction et dans l’ultra passage du capitalisme aussi bien que la question de la renaissance de l'esclavage en Amérique Latine et en Asie.

MOURA Luisa mouraluisa@terra.com.br professeur de sociologie, Université Fédérale de l’Intégration Latino-américaine, UNILA Brésil,

Classe ouvrière et modèle de reproduction du capital

Le rôle de la classe ouvrière dans les transformations socio-économiques et politiques de l’humanité est compréhensible sous un double niveau. D’une part, relation entre les classes en tant que motrices de la dynamique de l’histoire dans laquelle la classe ouvrière joue un rôle défini. D’autre part, développement en tant que classe matériellement définie, ayant conscience de son rôle dans la société. Le premier niveau est déterminé pour le développement des forces productives et la division du travail. L’autre niveau, celui de l'analyse des conflits dans la reproduction du capital et des relations de classes dans un espace géographique et un temps historique déterminés, sera théoriquement analysé par le concept de « modèle » de reproduction du capital.

MATHIS Adriana Azevedo, professeure docteure à l'Université Fédérale de l'État du Pará-Brésil, NASCIMENTO Maria Antonia Cardoso, professeure docteure à l'Université Fédérale de l'État du Pará-Brésil, NASCIMENTO Nádia Fialho, professeure docteure à l'Université Fédérale de l'État du Pará-Brésil, BATISTA GOMES Vera Lúcia, ppgss@ufpa.br, professeure docteure à l'Université Fédérale de l'État du Pará-Brésil

L’actualité du concept marxiste de besoins pour penser la configuration de la nouvelle politique de régulation capitaliste : la politique de revenu minimum

La proposition de cette communication, issue du projet de recherche « Inégalités Sociales et Programmes de Transfert de Revenu Minimum », est de discuter les réponses classiques contemporaines qui ont pour objet les programmes de transferts de revenu minimum, en prenant pour exemple l’expérience brésilienne, à partir du discours de la réduction de l’inégalité, qui cesse d’être un problème de classe pour devenir un problème de pauvreté. En fait, la politique de revenu minimum déterminée par les organismes internationaux est présentée comme un nouvel outil de régulation de la protection sociale organisée par l’Etat capitaliste contemporain selon lequel l’identité du pauvre, et particulièrement de ceux qui sont soumis à une condition de pauvreté absolue, est remplacée par l’identité du travailleur.

Atelier 4. Vendredi 24 septembre, 9h-11h, salle 311  : Résistances ouvrières (En partenariat avec la revue Les Mondes du travail)

BOUQUIN Stephen lesmondesdutravail@wanadoo.fr professeur de sociologie, Université d’Evry Val d’Essonne

MATHIEU Lilian lilian.mathieu@ens-lyon.fr directeur de recherche au CNRS, GRS-Ecole normale supérieure de Lyon

Des années 1970 aux années 2000 : heurs et malheurs de la conflictualité sociale

Qu’est-ce que la vague contestataire des années post-68 peut apporter à l’intelligibilité de la conflictualité sociale contemporaine ? La comparaison entre les deux périodes livre des enseignements paradoxaux. La crise de Mai 68 et les mouvements sociaux qui l’ont suivie, souvent portés par des références marxistes et des projets révolutionnaires, sont apparus dans un contexte de prospérité du capitalisme, d’amélioration (certes inégalitaire) des conditions d’existence, de plein emploi et de relatives avancées sociales. Aujourd’hui, alors que l’affaiblissement du capitalisme, engagé depuis plusieurs années, s’accélère en entraînant régressions sociales majeures, chômage de masse et accroissement des inégalités, sa contestation peine à s’organiser.
Celle-ci n’est pas pour autant désarmée : des forces politiques, syndicales, associatives existent et sont soutenues par des fractions importantes de la population. Ce ne sont pas non plus les alternatives au capitalisme néolibéral qui font défaut : le mouvement altermondialiste a constitué, au cours des dix dernières années, un creuset de réflexions souvent innovantes. Pourtant, les mouvements sociaux peinent à trouver des stratégies efficaces et l’autre monde possible proclamé par les Forums sociaux ne parvient pas à prendre des traits concrets. Il s’agira dans cette communication de tirer des enseignements des luttes des années 70 afin d’interroger ce paradoxe d’une critique du capitalisme qui peine à s’imposer alors même que son adversaire connaît aujourd’hui un affaiblissement sans précédent.

Atelier 5. Vendredi 24 septembre 11h-13h, salle 310 : Analyses marxistes de la société brésilienne

MARCELINO Paula paula.marcelino@ymail.com  politologue, post-doctorante, Unicamp, Brésil

La crise des syndicats est-elle finie? Le nouveau cycle de grèves au Brésil des années 2000

L'objectif de ce texte est de reprendre, de manière préliminaire et indicative, le débat sur la crise ou le déclin historique des syndicats. La question à laquelle nous voulons répondre est la suivante : l'activité syndicale dans les années 2000 est-elle un indicatif que les syndicats brésiliens ont surmonté la crise ? Notre intervention analyse le cycle des grèves en cours au Brésil depuis 2004, insistant, entre d’autres choses, sur le nombre de grèves et de grévistes, le caractère offensif des grèves et les victoires que les travailleurs obtiennent dans leurs revendications. Nous soutenons l'hypothèse, toujours sous enquête, que l'activité syndicale au Brésil dans les années 2000 est un indicateur très fort de l’erreur de la thèse du déclin historique du syndicalisme. La recherche a été menée en s’appuyant sur la littérature spécialisée et les données de DIEESE (Département Intersyndical de statistique et d’études socio-économiques).

GOULART Débora Cristina debcgoulart@gmail.com étudiante de doctorat en sciences sociales à Unesp-Marília

Deux tentatives des sciences sociales d'analyser les mouvements sociaux au Brésil

Cette étude présente un dialogue entre deux lignes d’analyse des sciences sociales à propos des mouvements sociaux au Brésil d'aujourd'hui. Il y a une ligne qui considère la normalisation et la légitimation des espaces publics-étatiques comme conquête des mouvements sociaux, et propose l’implication permanente des réformes sociaux par une nouvelle culture politique qui passe à travers les espaces étatiques et les rapports culturels des mouvements sociaux. Une autre ligne considère la dynamique du choc social et de la lutte des classes et affirme l'idée de la conquête définitive pour les mouvements sociaux avec la participation au programme des gouvernements. Ces chercheurs développent des analyses à partir de différents points de vue théoriques-méthodologiques. Notre intervention vise à restituer les fondamentaux de cette discussion.

AZEVEDO MATHIS Adriana de, docteur en Service Social, professeur Adjoint III, Université Fédérale du Pará (Brésil), VALENTE SANTANA Joana joanavalente@ufpa.br docteur en Service Social, professeur Adjoint III, Université Fédérale du Pará (Brésil)

 La marchandisation de l’enseignement supérieur aux universités brésiliennes : des notes à partir de la théorie sociale de Marx

Ce travail a comme but principal de présenter le débat sur les contradictions à l’enseignement supérieur, à partir des exigences du capitalisme mondialisé. La réflexion veut reprendre certaines catégories d’analyse inhérentes au référentiel théorique et méthodologique de la théorie sociale de Marx pour l’acquisition critique de la nouvelle logique de l’éducation supérieure. La redéfinition des systèmes d’éducation, surtout à l’Amérique Latine et au Brésil, particulièrement à la transition des années 1980/1990, souffre des impacts des réformes structurales orientées par la Banque Mondiale. L’analyse questionne les réponses produites par l’enseignement et par la recherche scientifique à l’intérieur des universités brésiliennes qui reflètent surtout les exigences capitalistes imposées par le marché qui s’éloignent chaque fois plus du principe de l’universalisation des connaissances en vue de répondre aux besoins humains qui devraient orienter les recherches académiques.

CAVALCANTE Sávio saviocavalcante@yahoo.com.br doctorant en sociologie, Unicamp, Campinas

Classes moyennes et condition prolétarienne actuelle

Le but de cette communication est de soulever quelques hypothèses sur les principales caractéristiques de la classe moyenne salariée qui sont redéfinies après les transformations économiques et politiques du capitalisme contemporain (changements dans l'organisation des entreprises et mise en œuvre des projets de politique sociale néolibérale). Nous entendons par « classe moyenne » une couche hétérogène, composée d’employés non-manuels avec différents niveaux de compétence, plus ou moins lointains d'une «classe ouvrière». Comment sont reproduits aujourd’hui les traits distinctifs de la classe moyenne par rapport à d'autres employés, en particulier le prolétariat ? Peut-on parler d'une « nouvelle condition ouvrière » chez les employés non-manuels ?

Atelier 6.  Vendredi 24 septembre 2010, 11h-13h, salle 311. Médias, information, appropriation

REYMOND Mathias, mathias.reymond@univ-evry.fr maître de conférences en sciences économiques, Centre d’Etude des Politiques Economiques de l’Université d’Evry Val d’Essonne

Analyse marxiste de l’économie des médias

Sous couvert de liberté de la presse, de règles strictes de protection des journalistes et du droit à l’information, les médias sont un moyen de sauvegarder le capitalisme et de maintenir la classe dominante dans sa position de classe dominante. Dans une perspective économique de l’analyse des médias, les travaux marxistes en matière d’analyse des administrations publiques, relevant d’approches post et néo marxistes résumées par Clyde W. Barrow, peuvent s’appliquer à l’univers médiatique. Les médias sont, comme l’Etat, un instrument de domination pour la classe capitaliste, et leur structure est intrinsèquement capitaliste.
Illustré par de nombreux exemples, la présentation s’articulera en trois parties : Une approche instrumentaliste (les médias ne seraient qu’un instrument de propagande au service de la classe dominante) ; Une approche structuraliste (la dépendance des médias dominants à l’égard des intérêts de la classe capitaliste s’expliquerait par les financements qui les font vivre) ; Un double effet de domination (Effet d’exclusion et effet d’accumulation)

O'NEIL Mathieu, Mathieu.O'Neil@paris-sorbonne.fr,   Maître de conférences Civilisation américaine Université Paris Sorbonne - Paris IV

Les nouvelles formes de critique dans les projets collaboratifs en ligne

On assiste depuis une vingtaine d'année au développement de relations de travail collaboratives sur Internet. Les projets dits communautaires en ligne dépendent de l'engagement de volontaires qui ont d'abord réalisé des produits spécialisés tels le système d'exploitation libre GNU/Linux, et plus récemment des contenus culturels de masse telle l'encyclopédie en ligne Wikipédia. Par la mise en commun des ressources et des énergies, par leur rejet de la valeur d'échange et du copyright, par leur insistance sur la capacité de chacun de modifier le projet, ces projets incarnent un mode de relation non marchand, ou producteurs et consommateurs se confondent, et ou les possibilités d'usage et de redistribution sont découplées des contributions au projet. Certains “hackers” (programmeurs) radicaux n'hésitent pas à affirmer que cette production collaborative de biens communs constitue le germe d'une société future, fondée sur la gratuité de tous les produits. Il semble pourtant que le capitalisme informationnel s'accommode assez bien de l'existence d'une aire de gratuité, dans la mesure ou les contenus libres ou piratés sur Internet motivent l'achat des objets et connections qui permettront d'accéder à cette manne numérique. Si leur rôle économique est ambigu, cela ne signifie pas pour autant que ces projets collaboratifs ne sont pas porteurs d'une charge critique significative. Leur insistance sur l'auto-détermination des sujets rompt avec les schémas centralisateurs et technocratiques. Les formes de critique qui s'y manifestent sont donc avant tout des dénonciations d'un pouvoir ou d'une expertise séparées: ainsi tout contravention à la méritocratie, à la défense publique des arguments, à la transparence des processus de décisions, seront considérées comme des graves manquements à l'exigence d'autonomie et de justice des participants. Pour autant, ces projets peuvent-ils être considérés comme le ferment d'un engagement progressiste, basé sur l'auto-détermination collective d'une nouvelle classe d'artisans?

Atelier 7. Vendredi 24 septembre 14h-16h, salle 128 : L'actualité du pragmatisme. Organisé par la Société Louise Miche

PEREIRA Irène Les grammaires de la contestation

BOLTANSKI Luc

PIGNARRE Philippe

La surprise du pragmatisme.

Atelier 8. Vendredi 24 septembre, 14h-16h, 310 : Retour de l’autogestion ?

COURS-SALIES Pierre pierre.cours-salies@wanadoo.fr professeur de sociologie, Institut d’Etudes Européennes, Université Paris 8

ANDREANI Tony, tonyandreani@orange.fr

 

Atelier 9.Vendredi 24 septembre 2010, 14h-16h, salle 218. Le vrai boulot: le travail par delà l'aliénation organisé par l'Ecole doctorale : Economie, Organisation, Société (François Vatin)

Président de séance : François Eymard-Duvernay, Professeur à l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense, Economie

BIDET Alexandra, chargée de recherche au CNRS, Centre Maurice Halbwachs (Alexandra.Bidet@ens.fr).

Qu’est-ce que le "vrai boulot" ?

Quelles perspectives pourrait bien recéler le constat que le travail, comme l’observait déjà K. Marx, n’est pas pure aliénation ? Quel parti pouvons-nous tirer, sur le plan autant conceptuel que politique, d’une étude empirique des moments de "vrai boulot" - ces moments où les travailleurs s’absorbent avec félicité dans leur activité de travail ? Pourquoi ont-ils été si peu étudiés ? Quel renouveau de la critique peut-on en attendre ? Cette communication présentera quelques éléments d’un livre à paraître à l’automne : L’engagement dans le travail. Qu’est-ce que le vrai boulot ?

ROT Gwenaële  maître de conférence à l'Université de Paris Ouest, IDHE (grot@u-paris10.fr)

Le travail en représentation dans trois mondes de production : automobile, cinéma, chimie

A partir d'une  série d'enquêtes menées dans trois univers professionnels très différents nous aborderons la manière donc les "fabricants" (d'un film, d'une automobile, d'un produit chimique) définissent ce qu'ils considèrent être du "vrai" travail à la foi pour eux même et pour les autres

SALMAN Scarlett, agrégée de sciences sociales, doctorante à l'IDHE, Université de Paris Ouest (scarlett.salman@u-paris10.fr).

Atelier 10. Vendredi 24 septembre, 16h – 18h, salle 310 : Capitalisme et alternatives

MAZUY Louis, louis.mazuy@gmail.com , ingénieur

Dépassement du capitalisme : Quelle approche ?

Le dépassement de ce système implique une modification en profondeur des rapports sociaux sous plusieurs dimensions. Les mutations du travail posent l’exigence d’un nouveau rapport de l’individu avec le collectif et d’une appropriation sociale par laquelle le point de vue de celui qui travaille s’implique bien au delà du seul partage des richesses.
La mondialisation n’a pas qu’une dimension financière. A notre époque, l’enjeu incontournable est celui de l’accès de tous les peuples à un mode de vie décent en progrès, soutenable pour la planète, avec comme défis le partage et l’utilisation des ressources naturelles comme la maîtrise concertée des technologies. D’où le besoin d’aborder précisément l’alternative à la soit disant « main invisible du marché des biens et des services ». Il s’agit de concevoir un nouveau type de développement, dans lequel le choix du citoyen s’exprime et pèse en amont des évolutions des modes de consommation et de production.
Le néolibéralisme n’impose pas seulement la domination des marchés financiers sur l’économie et la société. La dimension patrimoniale du capitalisme vise à pérenniser l’hégémonie de la bourgeoisie sur les autres couches sociales majoritairement salariées. Aussi, on ne peut pas faire l’économie du renouvellement d’une stratégie de classe, dépassant véritablement la conception messianique antérieure du rôle du prolétariat.

BARNIER Louis-Marie lmbarnier@wanadoo.fr Membre associé du laboratoire CRESPPA GTM

Organisation du travail et émancipation

Cette intervention, après avoir fait le point sur les trois approches marxistes (complémentaires) de la relation entre émancipation et travail (réduction du temps de travail, statut du salarié et ré-appropriation du travail), cherchera à développer la troisième approche. La récente période a vu une large remise en cause d’organisations du travail porteuses de souffrances. Le mouvement syndical entretient une relation difficile avec cette thématique, oscillant entre une posture d’altérité ou d’intégration. L'organisation du travail, dans sa logique de division du travail et de travail subordonné, doit être interrogée, de nouvelles pistes ouvertes. La tension entre les résistances au sein du travail et un projet d'émancipation du travail lui-même est au centre de cette relation au travail du mouvement syndical.

LOJKINE Jean Lojkine.jean@wanadoo.fr directeur de recherche honoraire, CNRS

Le fruit mûr ne tombe pas tout seul de sa branche

Les difficultés de dépasser une hégémonie économique du néolibéralisme, malgré la crise financière structurelle et donc une « maturité » de la crise systémique du capitalisme, depuis 2007-2008.)
Pourquoi l’idéologie néo-libérale résiste t-elle avec autant de force à toute tentative politique pour « dépasser » le système capitaliste ? Les propositions économiques alternatives ne manquent pas, elles sont de plus en plus précises, s’appuient sur les multiples représentations médiatiques du contraste entre l’appui sans limites des budgets publics aux établissement financiers en faillite et les énormes pressions exercées sur les conditions de vie des salariés. L’injustice sociale est désormais patente, visible de toutes parts, mais pourtant la masse des salariés semble toujours sous l’emprise idéologique du « rêve américain » (monter dans l’échelle sociale par ses propres moyens, entreprendre et « risquer » comme ceux qui ont réussi), comme on l’a vu avec la crise des « subprimes »(voir le superbe film « Cleveland contre Wall Street ») ; la mutualisation, la solidarité se heurtent à l’individualisme capitaliste de l’entrepreneur. Comment en sortir ? Comment faire des alternatives économiques un projet partagé par la masse des salariés ?

KOTLICKI Marie-Jo (UGICT-CGT)

 Existe-t-il un management alternatif ?

Atelier 11. Samedi 25 septembre, 9h30-11h30, salle 128 : Autogestion : expériences actuelles

BORRITZ Benoit, benoit.borrits@free.fr, militant altermondialiste, Paris

Pour une réactualisation du débat coopérative de production vs. coopérative de consommation.

Alors que la contestation du pouvoir du capital dans une entreprise débouche « naturellement » sur la coopérative de production dans laquelle les travailleur-ses se substituent aux actionnaires, cette forme a été constamment récusée dans l'histoire du mouvement ouvrier comme étant une forme d'auto-exploitation. A cet égard, il existe une convergence des critiques de cette forme coopérative, venant autant des auteurs marxistes que du monde de la coopération, préférant la coopération de consommation, présentée comme moyen pratique de dépasser les relations marchandes. Si le succès économique de cette forme de coopération est indéniable, elle apparaît malheureusement fortement institutionnalisée et vidée de son contenu démocratique, notamment parce que les travailleurs y ont conservé un rapport salarial. Quelles seraient les conditions qui permettraient une synthèse de ces deux formes dans laquelle les travailleur-ses s'émanciperaient de leur condition salariale en répondant aux besoins écologiques et sociaux exprimés par la population ?

NEUVILLE Richard, neuville.richard@wanadoo.fr, militant altermondialiste, membre du collectif Lucien Collonges, Blog: http://alterautogestion.blogspot.com/

Venezuela : Dans quelle mesure, les travailleurs contribuent-ils à l‘approfondissement et à la radicalisation du processus révolutionnaire ?

Le processus bolivarien a mis en place des mécanismes de démocratie active au service de la justice sociale, qui se sont traduits par une grande implication des classes populaires dans la gestion des programmes sociaux et au sein des conseils communaux. L’exercice d’un pouvoir populaire a permis l’émergence d’une culture politique et la politisation de vastes secteurs de la population.
Parallèlement, le gouvernement a mis en œuvre ou impulsé différentes formes de socialisation de la production (coopératives, entreprises de production sociale, nationalisations). Les travailleurs se sont-ils réellement approprié ces outils ? Exercent-ils vraiment un réel pouvoir de contrôle dans une perspective anticapitaliste et autogestionnaire ?

Ce collectif a coordonné l’ouvrage « Autogestion hier, aujourd’hui, demain », Editions Syllepse, 2010.

HIRTZ Natalia Vanesa nhirtz@ulb.ac.be doctorante en sociologie, université libre de Bruxelles, GIACONE Marta Susana, professeur, université nationale de Córdoba (Argentine)

Les entreprises récupérées par les travailleurs en Argentine. Quelques réflexions sur le coopérativisme et le contrôle ouvrier

À partir des années 1990, les luttes sociales se multiplient et diverses formes de résistance apparaissent. Les entreprises récupérées par les travailleurs (ER) sont devenues l’un des emblèmes de ces nouvelles formes de résistance. On compte actuellement autour de 200 entreprises récupérées et remises en fonctionnement par leurs travailleurs. Afin d’obtenir une couverture légale, ces derniers ont développé deux alternatives : l'expropriation de l'entreprise par l’État et le transfert de celle-ci aux travailleurs préalablement organisés en coopérative ; l'étatisation sous contrôle ouvrier de l’entreprise. Ces alternatives expriment des orientations politiques différentes qui se traduisent par l'existence de diverses organisations de travailleurs d'ER. Cependant, les revendications d’étatisation sous contrôle ouvrier ont été exclues des négociations politiques et les travailleurs sont souvent réprimés. Ainsi, toutes les ER ont dû se transformer en coopératives pour obtenir un début de statut légal.

Atelier 12. Samedi 25, 11h30-13h30, salle 310 : Le progressisme et le mouvement révolutionnaire de la Corée. Organisé par l’Institut de Recherches coréennes du 21ème siècle

 CHO Stephen (Forum Paris), directeur de ICR (Institut de Recherches coréennes du 21ème siècle)

La théorie scientifique et la stratégie de la révolution sud-coréenne

JUN-HYE Han, ancienne secrétaire exécutive du comité du Parti Démocratique Travailleur de la région Choong-nam

L’Union et l’innovation du mouvement progressiste en Corée du Sud

THERAPONTOS Chrysanthie

Autour de l’histoire de la révolution sud-coréenne

Atelier 13. Samedi 25, 11h30-13h30, salle 310 : L’impact de la crise dans l’espace public français (En partenariat avec la section Sciences Politiques)

Coordonné par C. VOILLIOT

BECHIR AYARI Michaël ayari@laposte.net ATER à l’Université de Nice Sophia-Antipolis,

« Je ne suis plus connoté à gauche » : La nouvelle jeunesse du terme « capitalisme » dans l’espace médiatique français

Cette communication tentera à partir des archives du journal français Le Monde de montrer dans quelle mesure le terme « capitalisme » est sur-utilisé et délesté de sa connotation « gauchiste » depuis l’irruption médiatique de la crise financière au mois de novembre 2008. Il s’agit de montrer en quoi cette évolution sémantique, bien que circonscrite à un quotidien national et appréhendée dans le cas d’autres média de manière assez intuitive, pose la légitimité d’une réflexion sur l’éventuelle réapparition d’un horizon d’attente révolutionnaire remettant en question le consensus « idéologique » dominant depuis le début des années 1980. La crise sera appréhendée en tant qu’évènement fondateur vecteur de cet horizon d’attente.

GEISSER Vincent vincent.geisser@wanadoo.fr chargé de recherche en sociologie au CNRS

La diversité ethnique contre la question sociale

Depuis le début des années 2000, l’on assiste à une diffusion rapide au sein du champ politique français de la notion de « diversité », présentée par ses promoteurs comme une solution miracle aux discriminations ethniques et aux inégalités sociales. Héritée du monde de l’entreprise et du milieu des affaires, la diversité néo-libérale est perçue comme un élément de redynamisation de la vie politique française, grâce à la cooptation d’élites issues des minorités dites « visibles » (Maghrébins, Noirs, Arabes, Musulmans…). Or, ce remède miracle est porteur d’effets pervers que nous tenterons d’analyser dans notre communication. La success story de la diversité contribue à perpétuer la production structurelle des discriminations ethniques et sexistes et, plus grave encore, des inégalités de classes au sein du champ politique. Ainsi, nous tenterons de montrer que la diversité participe d’un processus d’euphémisation de la « question sociale » ou, pire, d’un détournement des nouveaux enjeux de classes qui pointent en cette période de crise économique.

AMENNA Ameziane mezianeamenna@hotmail.com ancien ingénieur de recherche au ministère de l’économie en Algérie

Les solutions à la crise « financière » de 2008, rien de nouveau sous le soleil : La grille de lecture marxienne de Karl Marx à Amadeo Bordiga

Cette contribution a pour but de mettre en perspective les différentes interprétations de la crise dite « financière » de 2008 à la lumière d’un corpus théorique largement sous-exploité en sciences sociales : les analyses économiques de théoriciens marxistes non universitaires. Ainsi, Ernest Mandel, penseur « trotskyste » héritier de l’opposition de gauche internationale réinsère la crise dans la perspective dynamique des cycles de reproduction du capital. Dans le même ordre d’idée, Amadeo Bordiga, principal théoricien de la gauche communiste italienne, distingue, dès le milieu des années 1950, les crises selon leur durée et leur profondeur. Tout d’abord, il s’agit de situer l’apport de ces deux auteurs dans le sillage de la pensée marxienne originelle à travers la présentation d’extraits de textes et notes de bas de page méconnus, traduits et publiés aux éditions La Pléiade sous la direction de Maximilien Rubel. Dans un second temps, il s’agit de montrer en quoi les débats actuels sur la nature et l’origine de cette crise ne diffèrent en rien de débats plus anciens déjà évoqués sinon « tranchés » par Karl Marx et Friedrich Engels.

BETTINGER Matthieu mbettinger@free.fr doctorant, Université Paris 8 Saint-Denis, MAZIERES-VAYSSE Adrien, a.mazieres.vaysse@sciencespobordeaux.fr, allocataire de recherche-moniteur, IEP de Bordeaux

Classes sociales en crises et enjeux contemporains de leur reconstruction

La crise des classes sociales, et de la catégorie de classe ouvrière en particulier, tient tant aux transformations importantes de l’appareil productif qu’au mode de construction de la classe dans la période précédente aboutissant à une classe essentialiste qui se fige, se réifie. L’enjeu contemporain consiste à parvenir à construire des classes qui ne se réifient pas. Nous développerons ici qu’il faut considérer la classe comme une catégorie en crise permanente, et qu’il faut la construire comme telle. Pour contrecarrer l’ossification de la classe, il s’agit de ne pas imprimer la rigidité de la réalité sociale, mais de reconstruire la classe sur le mode de l’essentialisme stratégique, avec la précaution de rendre la plus forte possible une conscience positive de l’hétérogénéité fondamentale du réel. On croisera les apports des sciences sociales et de la philosophie, de Badiou à Derrida, de Bourdieu à la sociologie critique pour formuler les voies d’une reconstruction d’une classe structurant les rapports sociaux de travail.