Le grand tournant, une interrogation sur l'avenir du capital

Isaac Johsua

Collection Actuel Marx Confrontation,PUF, 117 pages, 15€.
 avril  2003

sommaire

présentation

 

Isaac Johsua est maître de conférences en sciences économiques à l’Université Paris XI. Egalement auteur de : La face cachée du Moyen Age, La Brêche, 1988 ; et La crise de 1929 et l’émergence américaine, PUF, Actuel Marx Confrontation, 1999.

 

sommaire

Introduction

Chapitre 1. L’involution démographique

Chapitre 2. Des menaces pesant sur le taux de profit

Chapitre 3. Le risque d’une croissante pénurie de main-d’œuvre

Chapitre 4. Accroître l’offre de travail ?
Chapitre 5. L’impact du vieillissement démographique : une réduction de la demande de travail ?
Chapitre 6. Le coût du vieillissement démographique : une réduction de la demande de travail ?

Conclusion

Bibliographie

 

Présentation

Ce livre traite de la pénurie prévisible de main-d’œuvre dans le monde à l’horizon des années 2040 et des conséquences qui en résulteraient pour l'avenir du capitalisme. En effet, l'hypothèse d’une croissance très ralentie ou d’un plafonnement ou encore d’une baisse de la population mondiale à partir des années 2040 apparaît comme vraisemblable. Ces années 2040 peuvent pa­raître lointaines. En réalité, le mouvement de tassement démographique a déjà commencé : il est là, sous nos yeux, bien que nous y prêtions peu d’atten­tion pour le moment.

Le propos peut paraître paradoxal : la réalité à laquelle nous avons à faire face n’est-elle pas celle d’une pléthore de main-d’œuvre, du chômage par millions ? Il faut pourtant savoir regarder par-delà l’immédiat et percevoir dans l’aujourd’hui les lignes de force qui préparent l’avenir. D’ici aux années 2040, selon les pays, la population active devrait diminuer, stagner ou connaî­tre une croissance fortement ralentie. Il faut bien prendre conscience de la radicale originalité de l’événement. Les entrepreneurs n'ont connu dans le pas­sé qu'un environnement de surabondance internationale de l'offre de travail (celle des particuliers), tant et si bien qu'elle leur semble aller de soi. Ce qui se profile à l’horizon des années 2040 est entièrement nouveau : la pénurie ne serait ni locale ni provisoire, mais universelle et permanente.

Le taux de profit, le ressort même du capitalisme, serait alors menacé. La demande de travail des entreprises se heurterait en effet à une offre de travail décroissante, stagnante ou faiblement croissante de la part des particuliers. Les taux de salaire réels devraient être poussés systématiquement vers le haut, la part des profits dans la valeur ajoutée aurait tendance à se dégrader, tirant le taux de profit vers le bas.

Une telle évolution pourrait être contrecarrée par une hausse de l’offre de travail ou par une baisse de la demande de ce même facteur de production, mais les marges de manœuvre sont en la matière bien moins importantes qu’on ne pourrait l’imaginer.

Ce livre n’a pas pour objet de proclamer une quelconque fin du capita­lisme. Il s’agit de montrer que la nouvelle donne démographique est annoncia­trice pour le système de difficultés totalement inédites, qui ne sont pas de celles que l’on surmonte aisément. Ce système est face à une mutation majeure, à laquelle il n’est guère préparé. Au-delà des fluctuations conjoncturelles, c’est dans un espace nettement plus restreint que les entreprises seront amenées à se mouvoir dans les décennies à venir. Le grand tournant du XXIe siècle an­nonce des jours difficiles pour la domination du capital.

 

 

 

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