Numéro 46. Partis/mouvements

Octobre 2009

Ce numéro est disponible en ligne sur le site du Cairn
http://www.cairn.info/revue-actuel-marx.htm


[Sommaire] [Auteurs] [Résumés] [Abstracts]

SOMMAIRE

Présentation

DOSSIER : PARTIS/MOUVEMENTS

Quelle articulation entre partis, syndicats et mouvements ?

Discussion avec Daniel BENSAID, Pierre KHALFA, Claire VILLIERS et Pierre ZARKA

La théorie marxiste du parti

Par Michael LÖWY

Philosophie de l’histoire et théorie du parti chez Sartre et Merleau-Ponty

Par Jean-Philippe DERANTY et Stéphane HABER

Partis et mouvements sociaux : des illusions de « l’actualité » à une mise en perspective sociologique

Par Philippe CORCUFF et Lilian MATHIEU

Syndicats, mouvements et dynamique d’émancipation : le défi de la nouvelle radicalité

Par Michel VAKALOULIS

Crise du capitalisme et crise de la représentation politique

Par Jean LOJKINE

Classe, parti, mouvement - Classe, « race », sexe

Par Jacques BIDET

 

INTERVENTIONS

Crise et conjoncture révolutionnaire : Marx et 1848

Par Irène VIPARELLI

Marx et sa conception déflationniste de la philosophie

Par Emmanuel RENAULT

Marx ou Tocqueville : capitalisme ou démocratie

Par Nestor CAPDEVILA

Travail, liberté et nécessité dans l’utopie communiste : André Gorz lecteur de Marx

Par Richard SOBEL

 

ENTRETIEN

à propos de la crise du néolibéralisme

Bruno Tinel interroge Gérard Duménil et Dominique Lévy

 

LIVRES

 

AUTEURS

Jacques Bidet, philosophe, professeur émérite à l’Université Paris-X, directeur honoraire de la revue Actuel Marx, co-Président du Congrès International Marx. Récentes publications, aux PUF : Théorie générale, Théorie du droit, de l’économie et de la politique (1999), Que faire du Capital ? (2000), Explication et reconstruction du Capital (2004), Altermarxisme, Un autre marxisme pour un autre monde (avec Gérard Duménil, 2007). Pour les traductions de ces ouvrages et d’autres articles : http://perso.wanadoo.fr/jacques.bidet/

Nestor Capdevila est maître de conférences en philosophie politique à l’Université de Paris Ouest Nanterre La Défense. Il a publié : Las Casas : une politique de l’humanité : l’homme et l’empire de la foi (Cerf, 1998), Le concept d’idéologie (PUF, 2004), Tocqueville et les frontières de la démocratie (PUF, 2007) et une traduction de B. de Las Casas , La Controverse entre Las Casas et Sepúlveda, précédée de Impérialisme, empire et destruction (Vrin, 2007).

Philippe Corcuff est maître de conférences de science politique à l’IEP de Lyon, membre du CERLIS (Centre de Recherche sur les Liens Sociaux, UMR 8070 du CNRS, Université de Paris Descartes). Il est l’auteur notamment de Bourdieu autrement (Paris, Textuel, 2003). Il compte parmi les fondateurs du réseau SELS (Sensibilité Écologiste Libertaire et radicalement Sociale-démocrate) et les militants du Nouveau Parti Anticapitaliste.

Jean-Philippe Deranty enseigne la philosophie à l'université Macquarie à Sydney. Auteur d’études sur Hegel, Marx, Rancière et la Théorie critique, il vient de publier Beyond Communication. A Critical Study of Axel Honneth's Social Philosophy (Brill, 2009).

Gérard Duménil est économiste, directeur de recherches au CNRS (EconomiX, Université de Paris X-Nanterre). Outre de nombreux articles (http://www.jourdan.ens.fr/levy), il a publié plusieurs ouvrages dont Le concept de loi économique dans "Le Capital", avant-propos de Louis Althusser (Maspero, 1978) et Marx et Keynes face à la crise ‘Economica 1977). En collaboration avec Dominique Lévy, Économie marxiste du capitalisme (La Découverte, 2003) et dans la collection Actuel Marx Confrontations des Presses Universitaires de France : La dynamique du capital, un siècle d'économie américaine, 1996 ; Au-delà du capitalisme, 1998 ; Crise et sortie de crise. Ordre et désordres néolibéraux, 2000. En collaboration avec Jacques Bidet, Altermarxisme. Un autre marxisme pour un autre monde (PUF, 2007). Il publie cet automne The Crisis of Neoliberalism aux éditions Harvard University Press.

Stéphane Haber est Professeur à l’Université de Paris Ouest Nanterre La Défense. Il a notamment publié Habermas et la sociologie (PUF, 1998) et Jurgen Habermas : une introduction (Pocket/La Découverte, 2001). Ses dernières publication sont Critique de l’antinaturalisme (PUF, 2006), Foucault et Habermas. Parcours croisés, confrontations critiques (CNRS Éditions, 2006, coordonné en collaboration avec Yves Cusset) et L’Aliénation. Vie sociale et expérience de la dépossession, (PUF, 2007).

Dominique Lévy est économiste, directeur de recherches au CNRS (PSE, Paris X). Outre de nombreux articles (http://www.jourdan.ens.fr/levy), il a publié plusieurs ouvrages en collaboration avec Gérard Duménil, dont Économie marxiste du capitalisme, (La Découverte, 2003) et dans la collection Actuel Marx Confrontations des Presses Universitaires de France: La dynamique du capital, un siècle d'économie américaine, 1996 ; Au-delà du capitalisme, 1998 ; Crise et sortie de crise. Ordre et désordres néolibéraux, 2000. En espagnol: Crisis y salida de Crisis (Fondo de cultura económica, 2007). En anglais : The economics of the Profit Rate (Edward Elgard, 1993), Capital Resurgent. Roots of the Neoliberal Revolution (Harvard University Press, 2004). Il publie cet automne The Crisis of Neoliberalism aux éditions Harvard University Press.

Jean Lojkine est sociologue, directeur de recherche émérite au CNRS, membre du Centre d’étude des mouvements sociaux (CEMS) à l’École des Hautes Études en sciences sociales. Principales publications : Le marxisme, l’État et la question urbaine (PUF, 1977), La classe ouvrière en mutations (Éditions sociales, 1985), Le tabou de la gestion. La culture syndicale entre contestation et proposition (Éditions de l’Atelier, 1996), La guerre du temps. Le travail en quête de mesure (L’Harmattan, 2002), L’adieu à la classe moyenne (La Dispute, 2005), La crise des deux socialismes. Leçons théoriques, leçons politiques, (Le Temps des cerises, 2008).

Michael Löwy est sociologue. Brésilien d’origine, il vit à Paris depuis 1969. Directeur de recherche (émérite) au CNRS et enseignant à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, il est l’auteur de dix-huit livres parus en vingt-neuf langues dont : Paysages de la vérité. Introduction à une sociologie critique de la connaissance (Anthropos, 1975), Walter Benjamin. Avertissement d’incendie. Une lecture des thèses ‘ Sur le concept d’histoire’, (Presses Universitaires de France, 2001) et Franz Kafka, rêveur insoumis (Stock, 2004).

Lilian Mathieu est chargé de recherche en sociologie au CNRS, membre du CRPS (Centre de recherche politique de la Sorbonne, Université Paris 1). Il est l’auteur, entre autres, de Comment lutter ? Sociologie et mouvements sociaux (Paris, Textuel, 2004). Il compte parmi les fondateurs du réseau SELS (Sensibilité Écologiste Libertaire et radicalement Sociale-démocrate) et les militants du Nouveau Parti Anticapitaliste.

Emmanuel Renault est maître de conférences de philosophie à l’École normale supérieure de lettres et sciences humaines (Lyon). Il a notamment publié Marx et l’idée de critique (PUF, 1995), Mépris social (Éditions du Passant, 2000), Hegel. La Naturalisation de la dialectique (Vrin, 2001), Le Vocabulaire de Marx (Ellipses, 2001), Où en est la Théorie critique ? (co-direction avec Y. Sintomer, La Découverte, 2003), L’Expérience de l’injustice (La Découverte, 2004) et Souffrances sociales (La Découverte, 2008). Il a récemment dirigé le volume Lire les Manuscrits de 1844 (PUF, 2008).

Richard Sobel est maître de conférences en économie et chercheur au Clersé (Centre Lillois d’Études et de Recherches Économiques et Sociologiques – UMR 8019 CNRS). Il est membre du comité de rédaction de L’Homme et la Société et directeur–adjoint de la Revue Française de Socio-Économie. Ses travaux portent sur l’épistémologie critique du modèle économique, sur les théories institutionnalistes du rapport salarial et sur les liens entre Critiques de l’Économie politique et philosophie du travail. Il a récemment publié : « Matérialisme historique, théorie de la valeur et anthropologie du travail chez Marx », (Revue de philosophie économique, vol. 8, n°2, 2007) et « Économie et rationalité : apports et limites de l’approche polanyienne » (Cahiers d’Économie Politique, N°54, premier semestre 2008 ; avec Nicolas Postel).

Michel Vakaloulis, sociologue, est maître de conférences en sciences politiques à l’Université Paris VIII. Ses travaux portent sur la théorie du capitalisme avancé et la sociologie de l’action collective. Il a récemment publié : Le syndicalisme d'expérimentation, (PUF, 2007), Nouvelles luttes de classes (dir. avec Pierre Cours-Salies et Jean Lojkine, PUF, 2006), Jeunes en entreprise publique (La Dispute, 2005), Les mobilisations collectives. Une controverse sociologique (dir. avec Pierre Cours-Salies, PUF, 2003).

Irene Viparelli est docteur en philosophie et membre du NICPRI.UE (Centre d’Études politiques et sociaux de l’Université d’Evora - Portugal) et du groupe de recherche de Philosophie contemporaine « Krisis » (Université d’Evora). Elle est l’auteur de plusieurs articles traitant de l’influence de la révolution de 1848 sur la théorie révolutionnaire de K. Marx : « Marx e la rivoluzione del 1848 », (Logos, n. 4-5, Napoli, 2009-2010), « La contribuçao da revolução europea de 1848 a teoria revolucionaria de K. Marx » (Humanidades em Revista, n. 8, publicação conjunta do PPG-Filosofia Unijuí e da Editora Unijuí, janeiro-junho 2009) et « 1848. Une théorie conjoncturelle de la révolution ? » (Revista Germinal : marxismo e educação em debate, n. 1, Paraná – Brasil, 2009). Ses recherches s’orientent actuellement vers le marxisme des années 1960-1970.

RESUMES

Daniel Bensaid, Pierre Khalfa, Claire Villiers et Pierre Zarka, Quelle articulation entre partis, syndicats et mouvements ?

Comment expliquer que la question des partis resurgisse après avoir été éclipsée par celle des mouvements ? Quelle est la place qui revient aux partis, aux syndicats et aux mouvements dans un projet de transformation sociale radicale ? Comment parvenir à construire des alliances, des convergences et des collaborations entre les uns et les autres ? Telles sont les questions qui sont considérées dans cette discussion.

Jacques Bidet, Classe, parti, mouvement - Classe, « race », sexe

La classe dominante est une hydre à deux têtes, « la finance » et « l’élite ». La lutte populaire pour l’émancipation n’est donc pas un simple affrontement entre deux classes, mais un jeu à trois. Elle n’a pas pour ultime horizon le « socialisme », qui porte encore une marque d’en haut, mais le « communisme ». Elle suppose de faire converger les conflits apparemment disparates qui traversent la société moderne. Et d’abord de déchiffrer – selon un concept emprunté au féminisme matérialiste contemporain – la « consubstantialité » des rapports sociaux de classe, de « race » et de sexe. Dans ces conditions, le parti de l’émancipation n’est pas seulement une organisation de classe : c’est tout autant un parti féministe, internationaliste et écologique. Ce parti du mouvement suppose un « nouvel esprit de parti ».

Nestor Capdevila, Marx ou Tocqueville : capitalisme ou démocratie

Marx et Tocqueville ont été des références théoriques et des symboles des deux camps de la guerre froide. Il est fréquent aujourd’hui de considérer que l’issue de ce conflit est une victoire du second sur le premier car il aurait mieux anticipé sur l’évolution des sociétés occidentales. Mais ce jugement suppose une homogénéité suffisante de leurs objets alors qu’ils s’opposent fondamentalement sur le point de vue pertinent pour nommer et penser les sociétés contemporaines. Faut-il les décrire comme des sociétés démocratiques de plus en plus soumises à l’emprise de l’égalité ou comme des sociétés capitalistes de plus en plus soumises à l’emprise du capital ? L’article examine des conséquences théoriques de cette différence de problématique. Mais la perspective de Tocqueville est aussi une appropriation polémique du vocabulaire de la démocratie pour en construire la « nature » dans un sens libéral. Ceci permet de comprendre qu’interroger le rapport de Marx à la démocratie, ce n’est pas le situer par rapport à un objet prédéfini, mais par rapport à des stratégies d’appropriation polémique du terme et du concept de démocratie dont il se démarque par la référence au communisme

Philippe Corcuff et Lilian Mathieu, Partis et mouvements sociaux : des illusions de « l’actualité » à une mise en perspective sociologique

Deux stéréotypes concurrents sont actuellement prégnants dans les débats au sein les gauches critiques et des mouvements sociaux. L'un diagnostique la mort des partis, et prophétise un renouveau politique porté par les mouvements sociaux, tandis que l'autre envisage une résurrection de la forme-parti, ne concédant qu'un rôle subalterne aux mobilisations. Prenant sociologiquement le contre-pied de ces deux stéréotypes, l'article envisage dans un premier temps les nombreuses similarités entre partis et mouvements sociaux, et spécialement leur exposition commune aux logiques de professionnalisation et de monopolisation du pouvoir, auxquelles les mouvements contemporains sont eux aussi exposés, en dépit de leurs fréquentes proclamations d'horizontalité. La seconde partie pointe le processus de différenciation qui a autonomisé l'espace des mouvements sociaux du champ politique, et à l'issue duquel ils apparaissent comme des univers distincts, tramés par des logiques spécifiques tout en entretenant des rapports aussi étroits que fluctuants.

Gérard Duménil, Dominique Lévy, A propos de la crise du capitalisme

Quelles sont les causes, les conséquences de la crise ? Quels sont les scénarios de sortie de crise plausibles ? En quoi cette crise est-elle comparable à la crise de 1929 et en quoi se distingue-t-elle de la crise des années 1970 ? En quel sens peut-on parler d’une crise du néolibéralisme et que peut-on en conclure quant à la lutte contre le néolibéralisme ? Telles sont les questions qui sont posées aux deux auteurs de l’ouvrage The crisis of Neoliberalism ?

Jean Lojkine, Crise du capitalisme et crise de la représentation politique

L’histoire nous appris qu’il n’y a aucun lien direct entre crise économique et révolution politique. L’échec du socialisme soviétique comme des social-démocraties européennes a une même origine : l’absence d’intervention des masses populaires dans les processus de transformation sociale monopolisés par des élites bureaucratiques ou technocratiques. Faute d’une réelle démocratisation de la représentation politique, mais aussi des modes de gouvernement, la centralisation étatique a instauré un clivage persistant entre une caste de politiciens professionnels et les citoyens, usagers et travailleurs. Un nouveau lien est à construire entre le mouvement social « d’en bas » et les instances de la représentation politique.

Emmanuel Renault, Marx et sa conception déflationniste de la philosophie

Quel est le statut de la philosophie chez Marx ? Répondre à cette question suppose de considérer la place de la philosophie dans l’œuvre marxienne et la nature de la position philosophique pouvant être attribuée à Marx. La thèse défendue est que la spécificité de l’intervention marxienne relève non pas de la défense d’un nouveau principe philosophique (matérialiste, dialectique, ou praxique) mais d’une nouvelle pratique de la philosophie. Celle-ci se caractérise notamment par son aspect déflationniste. Une comparaison avec le pragmatisme et la théorie critique permet d’en expliciter les enjeux.

Richard Sobel, Travail, liberté et nécessité dans l’utopie communiste : André Gorz lecteur de Marx

Quels rapports peuvent se nouer entre travail et liberté, dès lors que le travail n’est plus essentiellement vécu comme la marque sociale de l’aliénation de la liberté dans l’économie ? C’est Marx qui élabore pour la première fois et avec beaucoup de rigueur ces questions, en formulant la théorie des deux règnes, celui de la nécessité et celui de la liberté, dans le cadre de l’utopie communiste. Pour autant, sa position du problème n’est pas sans maintenir toute une série d’ambiguïtés concernant l’articulation de ces deux règnes. En nous appuyant sur la reprise critique par André Gorz du cadre marxien de pensée de la transformation sociale, nous montrons que toute pensée de l’émancipation appelle une philosophie de la liberté qui assume une certaine épaisseur irréductible de tout collectif humain, ou pour le dire autrement, une indépassable hétéronomie de la condition humaine.

Michel Vakaloulis, Syndicats, mouvements et dynamique d’émancipation : le défi de la nouvelle radicalité

Cet article interroge les relations qu'entretiennent syndicats, associations et formations partisanes aujourd'hui en France. Ces relations sont empreintes d’une méfiance que la crise de projet politique d’émancipation ne cesse d’alimenter. Le mouvement d’autonomisation du syndicalisme français vis-à-vis de l’offre partisane est une évolution fondamentale. Les syndicats s’accrochent à leur indépendance, élément constitutif de leur légitimité. Le principe de non hiérarchisation entre la sphère sociale et la sphère politique est la condition préalable de toute forme de coopération. Mais si les syndicalistes et les militants associatifs souhaitent la « normalisation » des rapports avec les partis, ils récusent toute idée de co-élaboration qui les conduirait à assumer la responsabilité de décisions qui ne sont pas de leur ressort. Ils préconisent ainsi une stratégie de résonance plutôt qu’une stratégie d’alliance. La confrontation plutôt que la subordination.

Irene Viparelli, Crise et conjoncture révolutionnaire : Marx et 1848

Quel rôle faut-il accorder à la révolution de 1848 dans le développement de la pensée de Marx ? Notre hypothèse est que la révolution de 1848 a contribue à combler un « vide théorique » et à résoudre une incohérence théorique de la théorie marxienne des années quarante, permettant la formulation d’une théorie révolutionnaire conséquente. Les réflexions marxiennes ont abouti à la formulation de deux nouveaux principes théoriques – celui du lien entre crise économique et révolution et celui de l’« intensité de la crise » – définissant le rapport entre crises cycliques du capitalisme et conjonctures révolutionnaires. Cet article commence par préciser la nature de ces principes théoriques. Il explique ensuite en quoi consiste exactement la nouvelle cohérence de la théorie révolutionnaire marxienne. Enfin, par l’intermédiaire d’une confrontation avec la conception althussérienne de la conjoncture révolutionnaire, il cherche à expliciter les implications théoriques et politiques de cette « nouvelle théorie conjoncturelle de la révolution »

ABSTRACTS

Daniel Bensaid, Philippe Khalfa, Claire Villiers and Pierre Zarka, Parties, Trade-unions, Social Movements: Relations and Articulations.

How are we to explain the resurgence of the question of political parties, when the question of social movements seemed to have eclipsed it? What is the role to be played by parties, trade-unions and by social movements in a project of radical social transformation? What are the modes of alliance, of collaboration and convergence, to be constructed between them? These are some of the questions addressed in the present article.

Jacques Bidet, Class, Party, Social Movement - Class, « Race », Gender.

The ruling class is a hydra with two heads: “finance” and “elite”. The popular struggle for emancipation is thus not merely a confrontation between two classes. It is rather a game with three players. Its ultimate horizon is not “socialism”, a term which still carries the connotation of a “top-down” process, but “communism”. It presupposes the convergence between the apparently disparate conflicts which are being played out in modern society. And, to begin, the struggle calls for the deciphering – drawing on a concept from contemporary materialist feminism- of the “consubstiantiality” of the social relations of class, “race”, and gender. In such conditions, the party of emancipation is not merely a class-based organisation. It is also, and equally, a feminist, an internationalist, and an ecological party. This party of social movement presupposes a “new ethos of party”.

Nestor Capdevila, Marx or Tocqueville: Capitalism or Democracy.

Marx and Tocqueville were the conceptual icons and rallying-points of the two sides in the cold war. It is common today to consider that the outcome of this confrontation saw the victory of the latter over the former, to the extent that Tocqueville had shown greater prescience in the analysis of the evolution of western societies. However such an evaluation presumes that there is a substantial degree of overlap between these two competing paradigms, whereas there is in fact a fundamental opposition between them regarding the point of view deemed to be pertinent for the task of the qualification and conceptualisation of modern societies. Are these societies to be qualified as democratic societies, increasingly subject to the empire of equality, or as capitalist societies which are increasingly subject to the empire of capital? The article examines the theoretical consequences stemming form the difference in the problematic that is adopted. Tocqueville’s perspective involves a polemical appropriation of the vocabulary of democracy in order to interpret the “nature” of the latter in what is a liberal perspective. This enables us to understand that the task of examining the relation between Marx and democracy does not simply mean the attempt to situate his position in relation to a stable and predefined object. It involves the critique of the polemical strategies for the appropriation of the term of democracy, a strategy from which Marx distances himself by way of the reference to communism.

Philippe Corcuff et Lilian Mathieu, Political Parties and Social Movements: From the illusions of «current affairs » to a sociological perspective.

Two competing stereotypes can currently be identified in the debates within the radical left and in social movements. One of these stereotypes postulates the death of political parties and prophesies a political renewal animated by social movements. The other stereotype projects a resurrection of the party-structure and considers the role of social movements to be merely subaltern. The present article adopts a position which is sociologically antithetical regarding this issue: it begins by examining the numerous similarities between political parties and social movements and, more particularly, their shared vulnerability to the traits of professionalisation and the monopolisation of power. Contemporary social movements are not immune to such trends, despite repeated protestations of their commitment to horizontality. The article goes on to examine the process of differentiation which caused social movements to establish a specific space, separate from the political sphere. In the wake of this process, the political and the social appear to constitute two distinct universes, traversed by their own specific logics, while at the same time retaining relations which are both close and fluctuating.

Jean-Philippe Deranty, Stéphane Haber, Philosophy of History and Theory of the Party in Sartre and Merleau-Ponty

The article revisits the famous dispute between Sartre and Merleau-Ponty in the 1950s, which unfolded through texts such as Humanism and Terror, The Communists and Peace, and The Adventures of Dialectic. The central question that divided the two philosophers concerned the position that non-communist intellectuals associated with the working class should take towards communist politics and the Party. The response to this question engaged nothing less than the full articulation of their respective social ontologies and their corresponding conceptions of radical politics and historical emancipation. In particular, the polemic forced them to focus their attention on the relationships between class experience and class politics, social movement and political organisation. Many of these old arguments remain highly suggestive for contemporary concerns, not least Merleau-Ponty’s uncanny, critical pre-empting of the shift to liberalism.

Gérard Duménil, Dominique Lévy, Some Remarks on the Crisis of Capitalism.

What are the causes and consequences of the crisis of capitalism? What are the plausible scenarios for the outcome of the crisis? To what extent is the current crisis comparable to that of 1929, and to what extent does it differ from the crisis of the 1970s? To what extent can one speak of a crisis of neoliberalism ? These are some of the questions which the authors of The Crisis of Neoliberalism address here.

Jean Lojkine, The Crisis of Capitalism and the Crisis of Political Representation.

History has taught us that there is no direct link between economic crisis and political revolution. The failure of Soviet socialism and the failure of European social-democracies can be traced to a common origin: the lack of intervention by the popular masses in the processes of social transformation which have been monopolised by the bureaucratic or technocratic elites. For want of a genuine democratisation of the political representation and of the modes of government, state centralisation has created a persistent fracture between a caste of professional politicians and the mass of citizens, workers, and recipients. A new bond must be created between the social movement “from below” and the instances of political representation.

Michael Löwy, The Marxist Theory of the Party

This paper examines the conceptions of the revolutionary party among some of the most important Marxist thinkers of the XXth century, through three interrelated essential issues: 1) the levels of class consciousness; 2) the relationship of the party to the masses, in particular during a revolution; 3) the internal structure of the party. In our view, the chosen authors – Lenin, Rosa Luxemburg, Gramsci, Lukacs, Trotsky – belong to the same « current » in Marxism, a current which tries to develop, considering the conditions of the XXth century, Marx’s theses on the communist revolution and the proletarian self-emancipation; a current which is contradictory and diverse, inside of which Lenin and Luxemburg represent two partially opposed and partially complementary poles.

Emmanuel Renault, Marx and his Deflationist Conception of Philosophy.

What is the status of philosophy in the Marxian project? To answer this question, we must examine the place of philosophy in the Marxian opus and we must qualify the nature of the philosophical position which can be attributed to Marx. The thesis put forward in the article is that the specific nature of the Marxian enterprise is less the result of its being a defence of a new philosophical principle (materialism, dialectics, or praxis), and more a case of its having formulated a new practice of philosophy. This practice is one which is characterised by its deflationary thrust. A comparison with pragmatism and with critical theory can help us to spell out the issues which are involved here.
 

Richard Sobel, Labour, Liberty and Necessity in the Communist Utopia: André Gorz and his Reading of Marx.

What are the relations engaging labour and liberty, when the former is no longer essentially experienced as the social mark of the alienation of liberty in the economic order? It was Marx who first formulated these questions consistently and rigorously. He did so by formulating the theory of the two orders, necessity and liberty, in the framework of the communist utopia. For all this, Marx’s formulation of the issue failed to dissipate a whole series of ambiguities concerning the relation between these two orders. Drawing on André Gorz’s critical reworking of the Marxian framework of the project of social transformation, our aim is to show that a project of emancipation requires a philosophy of liberty, one which recognises a degree of irreducible density in all human collective groups. Or, to put things differently, which acknowledges a certain ineluctable heteronomy of the human condition.

Michel Vakaloulis, Trade-Unions, Social Movements, and the Dynamic of Emancipation: the Challenge of the New Radicalism.

The article analyses the relations between trade-unions, associations and partisan movements in France today. These relations would appear to be characterised by a degree of mistrust which the crisis affecting political projects of emancipation has accentuated. The growing autonomy of the French labour movement in relation to the existing political movements represents a major shift. Trade-unions now cling to their independence, regarding it as an essential element of their legitimacy. The principle according to which there is no prior hierarchy governing the relation between the agenda of social issues and the agenda of the political is the precondition for any form of cooperation. If trade-unionists and activists in associations call for a « normalisation » of their relations with political parties, they refuse any invitation to engage in any “co-elaboration” of projects, which would cause them to assume responsibility for decisions which are not their prerogative. What they urge is a strategy of resonance rather than a strategy of alliance: confrontation rather than subordination.

Irene Viparelli, Crisis and the Revolutionary Moment: Marx and 1848.

How are we to assess the role played by the 1848 revolution in the evolution of Marx’s thought? The hypothesis developed here is that the 1848 revolution helped to fill in a “theoretical gap” and to resolve what was a conceptual inconsistency in the Marxian theory of the 1840s. The revolutionary moment thus contributed to the formulation of a consistent theory of revolution. Marx’s analysis led to the formulation of two new theoretical principles: that of the link between economic crisis and revolution, and the concept of “the intensity of the crisis”. This consolidated his analysis of the relation between the cyclical crises of capitalism and the revolutionary moment. The article begins with an attempt to specify the nature of these Marxian theoretical principles. It goes on to examine the precise implications of the new coherence of the Marxian revolutionary theory. In conclusion, by way of a confrontation with Althusser’s conception of the revolutionary moment, the article seeks to spell out the theoretical and political implications of this “new theory of the revolutionary moment”.