Numéro 48. Communisme ?

Septembre 2010

Ce numéro est disponible en ligne sur le site du Cairn
http://www.cairn.info/revue-actuel-marx.htm


[Sommaire]           [Auteurs]          [Résumés]

On observe aujourd’hui un regain d’intérêt pour l’idée, le projet, voire les politiques communistes, cela principalement dans un cadre philosophique et en partant d’une opposition du communisme et du socialisme. Alors qu’il y a deux décennies, une disqualification historique du communisme semblait faire du « socialisme » le dernier mot, aujourd’hui, les échecs de la social-démocratie imposeraient de nouveau le nom « communisme ».

De quoi ce nom est-il effectivement porteur ? De quelles pratiques et de quelles stratégies nouvelles ? De quels rejets et de quels défis ? D’où parlent les communistes ? Qui peut-on identifier aujourd’hui comme « communistes » ? Telles sont les questions auxquelles se consacre ce numéro d’Actuel Marx.

SOMMAIRE

PRÉSENTATION

DOSSIER : COMMUNISME ?

Coordonné par Jacques Bidet

Franck FISCHBACH
Marx et le communisme
Michael LÖWY
Rosa Luxemburg et le communisme
Étienne BALIBAR
Remarques de circonstance sur le communisme
Toni NEGRI
Est-il possible d’être communiste sans Marx ?
Jean-Luc NANCY
Le commun le moins commun
Slavoj ZIZEK
Le retour de la critique de l’économie politique
Chantal MOUFFE
Communisme ou démocratie radicale ?
Jacques BIDET
Le communisme entre philosophie, prophétie et théorie
 

INTERVENTIONS

Kolja LINDNER
L’eurocentrisme de Marx
Gérard DUMÉNIL, Michael LÖWY, Emmanuel RENAULT
Sur Marx et les marxismes
Stefano PETRUCCIANI
La théorie critique de l’École de Francfort et le mouvement des années 1968 :
un rapport complexe
Loukia KOTRONAKI, Seraphim SEFERIADES
Sur les sentiers de la colère : L’espace-temps d’une révolte (Athènes, décembre 2008)
Jean-Marie HARRIBEY
Du travail à l’écologie : une nouvelle voie pour le socialisme
ENTRETIEN
avec Immanuel WALLERSTEIN
Crises de l’économie-monde et dépassement du capitalisme : années 1970 – années 2000

LIVRES

GRAMSCI
• Guido LIGORI, Pasquale VOZA (dir.), Dizionario Gramsciano (A. Tosel)
• Peter D. THOMAS, The Gramscian Moment. Philosophy, Hegemony and Marxism (J.-J. Lecercle)

THÉORIE CRITIQUE
• Walter BENJAMIN, Romantisme et critique de la civilisation (J.-M. Lachaud)
• Alfred SOHN-RETHEL, La Pensée-marchandise (S. Haber)

HISTOIRE
• Robert MENCHERINI, Vichy en Provence. Midi rouge, ombres et lumières (J. Guilhaumou)
• Julian MISHI, Servir la classe ouvrière. Sociabilités militantes au PCF (J. Lojkine)

POLITIQUE
• Alex CALLINICOS, Imperialism and Global Political Economy (J. Bidet)
• Grégoire CHAMAYOU, Les Chasses à l’homme (J.-M. Lachaud)

PSYCHANALYSE ET SOCIOLOGIE DU TRAVAIL
• Christophe DEJOURS, Travail vivant; Conjurer la violence ;
avec Florence BÈGUE, Suicide et travail : que faire ? (J.-P. Deranty)

SUR LES DERNIÈRES PUBLICATIONS DE DANIEL BENSAÏD
(J.-M. Lachaud et O. Neveux)

 

Auteurs

Etienne Balibar est Professeur émérite (philosophie) à l’Université de Paris-Ouest et Distinguished Professor of Humanities à l’Université de Californie à Irvine. Membre du Parti Communiste Français de 1961 à 1981, il est aujourd’hui sans affiliation politique permanente. Co-auteur (avec Louis Althusser, Jacques Rancière, Pierre Macherey, Roger Establet) de Lire le Capital (Maspéro, 1965), il a publié en outre Sur la dictature du prolétariat (Maspéro, 1976), Race, Nation, Classe (avec Immanuel Wallerstein, La Découverte, 1988), La philosophie de Marx (La Découverte, 1993), La crainte des masses (Galilée, 1997). Derniers ouvrages parus: Violence et civilité (Galilée, 2010) et La proposition de l’égaliberté (PUF, 2010).

 

Jacques Bidet, philosophe, professeur émérite à l’Université Paris-Ouest, directeur honoraire de la revue Actuel Marx, co-Président du Congrès International Marx. Récentes publications, aux PUF: Théorie générale, Théorie du droit, de l’économie et de la politique (1999), Que faire du Capital? (2000), Explication et reconstruction du Capital (2004), Altermarxisme, Un autre marxisme pour un autre monde (avec Gérard Duménil, 2007). Site personnel: http://perso.wanadoo.fr/jacques.bidet/

 

Gérard Duménil est économiste, directeur de recherches au CNRS (EconomiX, Université de Paris 10). Outre de nombreux articles (http://www.jourdan.ens.fr/levy), il a publié plusieurs ouvrages dont Le concept de loi économique dans “Le Capital”, avant-propos de Louis Althusser (Maspero, 1978) et Marx et Keynes face à la crise (Economica 1977). En collaboration avec Dominique Lévy: Économie marxiste du capitalisme (La Découverte, 2003) et dans la collection «Actuel Marx Confrontations» des Presses Universitaires de France: La dynamique du capital, un siècle d’économie américaine (1996), Au-delà du capitalisme, (1998), Crise et sortie de crise. Ordre et désordres néolibéraux (2000). Il est également co-auteur, avec Jacques Bidet, d’Altermarxisme. Un autre marxisme pour un autre monde (PUF, 2007), et avec Michael Löwy et Emmanuel Renault, de Lire Marx et Les 100 mots du marxisme (PUF, 2009). Il publie cet automne The Crisis of Neoliberalism aux éditions Harvard University Press.

 

Franck Fischbach est Professeur en philosophie à l’Université de Nice Sophia-Antipolis. Il est notamment l’auteur de La production des hommes. Marx avec Spinoza (PUF, 2005) et d’une nouvelle traduction des Manuscrits économico-philosophiques de 1844 de Marx (Vrin, 2007). Il a récemment dirigé le volume Marx. Relire Le Capital (PUF, 2009) et publié Sans objet. Capitalisme, subjectivité, aliénation (Vrin, 2009) et Manifeste pour une philosophie sociale (La Découverte, 2009).

 

Jean-Marie Harribey a été Maître de conférences en sciences économiques et président d’Attac. Ses travaux ont principalement porté sur «le développement durable» (L’économie économe, Le développement soutenable par la réduction du temps de travail, L’Harmattan, 1997) et la critique la pensée économique mainstream (La démence sénile du capital, Fragments d’économie critique, Éditions du Passant, 2002). Il a récemment publié Raconte-moi la crise (Le Bord de l’eau, 2009), et coordonné Sortir de la crise globale, Vers un monde solidaire et écologique avec D. Plihon pour Attac, La Découverte, 2009) et Retraites: l’heure de vérité (avec P. Khalfa, C. Marty pour Attac et Fondation Copernic, Syllepse, 2010).

 

Loukia Kotronaki prépare un doctorat de Sociologie Politique intitulé «Au-delà de la politique consensuelle: La politique du conflit et la dynamique de l’action collective internationaliste: Le cas grec 2000-2007» à l’Université de Sciences Politiques et Sociales – Panteion. Ses recherches portent sur les événements et les formes collectives de la politique conflictuelle. Chercheuse à Observatoire des actions collectives en Grèce (Université Panteion et Université de Sciences Sociales de Crète) elle a publié dans les revues Situations et Contretemps et dans l’ouvrage dirigé par S. Seferiades et D. Charalampis, Le fonctionnement démocratique au point charnière: défis et menaces aux débuts du
XXIe siècle
, Athènes (à paraître).

Kolja Lindner est doctorant en sciences politiques au Centre Marc Bloch de Berlin où il développe une recherche sur le thème: «Populisme autoritaire: La France sous Nicolas Sarkozy». Ses travaux portent sur Marx, racisme, postcolonialisme, théorie de la domination ainsi que les mouvements sociaux et la politique en France. Il a récemment publié «25 ans de la ‘Marche des Beurs’ : Luttes de migration en France dans les années 1980 et aujourd’hui» (Peripherie. Zeitschrift für Politik und Ökonomie in der Dritten Welt, n°114/115) et «L’histoire éditoriale des œuvres de Marx et Engels en France et son recommencement avec la GEME» (Marx-Engels-Jahrbuch, 2008).

 

Michael Löwy, sociologue franco-brésilien, est directeur de recherche (émérite) au CNRS et enseignant à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Il est l’auteur de dix-huit livres parus en vingt-neuf langues dont: Walter Benjamin. Avertissement d’incendie. Une lecture des thèses «Sur le concept d’histoire» (PUF, 2001) et Franz Kafka, rêveur insoumis, (Stock, 2004). Il a récemment publié Lire Marx et Les 100 mots du Marxisme (avec Gérard Duménil et Emmanuel Renault, PUF, 2009) et Esprits de feu. Figures du romantisme anti-capitaliste (avec Robert Sayre, Éditions du Sandre, 2010).

 

Chantal Mouffe est Professeure de Théorie politique au Centre for the Study of Democracy de l’Université de Westminster à Londres. Elle a enseigné et développé ses recherches dans de nombreuses universités en Europe, en Amérique du nord et en Amérique du sud et elle est membre correspondant du Collège international de philosophie. Elle a coordonné Gramsci and Marxist Theory (Routledge and Kegan Paul, 1979), Dimensions of Radical Democracy. Pluralism, Citizenship, Community (Verso, 1992), Deconstruction and Pragmatism (Routledge, 1996) et The Challenge of Carl Schmitt (Verso, 1999). Elle est l’auteur de Hégémonie et stratégie socialiste (avec Ernesto Laclau, 1985, trad. fr. Les Solitaires intempestifs, 2009), The Return of the Political (Verso, 1993), Le politique et ses enjeux (La Decouverte/M.A.U.S.S, 1994), The Democratic Paradox (Verso, 2000) et On the Political (Routledge, 2005).

 

Jean-Luc Nancy a enseigné la philosophie à Strasbourg, Berlin, San Diego, Irvine, Berkeley. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont en particulier La Communauté désoeuvrée (Bourgois, 1986), Être singulier pluriel (Galilée, 1996), La Communauté affrontée (Galilée, 2001), La Comparution (avec Jean-Christophe Bailly, Bourgois, 2007) et Vérité de la démocratie (Galilée, 2008).

 

Antonio (Toni) Negri est philosophe. Il a dirigé l’Institut de sciences politiques de l’université de Padoue et il a longtemps enseigné la philosophie politique. Figure des mouvements de contestation d’extrême gauche dans les années 1970 en Italie, il a été contraint à l’exil en France et a, par la suite, enseigné à Paris VIII, à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm et au Collège international de philosophie. Auteur de nombreux sur la pensée politique moderne (Decartes, Spinoza, Leopardi), il a également publié un commentaire des Grundrisse, Marx au-dela de Marx (Bourgois, 1979) et des livres d’analyse politique comme Empire (Exils, 2000), rapidement suivi de Multitude (La découverte, 2006) et Commonwealth (La découverte, 2010), tous trois rédigés avec Michael Hardt.

 

Stefano Petrucciani, philosophe, est professeur de philosophie politique à l’Université de Rome-La Sapienza et directeur du Département des Études Philosophiques. Il a travaillé sur Marx et sur l’École de Francfort. Il a notamment publié: Introduzione a Habermas (Laterza, 2000), Modelli di filosofia politica (Einaudi, 2003) et Introduzione a Adorno (Laterza 2007). Son dernier ouvrage paru: Marx (Carroci Editori, 2009).

 

Emmanuel Renault est maître de conférences de philosophie à l’École normale supérieure Lyon. Il a notamment publié Marx et l’idée de critique (PUF, 1995), Hegel. La Naturalisation de la dialectique (Vrin, 2001), Le Vocabulaire de Marx (Ellipses, 2001), Où en est la Théorie critique? (co-direction avec Y. Sintomer, La Découverte, 2003), L’Expérience de l’injustice (La Découverte, 2004) et Souffrances sociales (La Découverte, 2008). Il a récemment dirigé le volume Lire les Manuscrits de 1844 (PUF, 2008) et il est le co-auteur (avec G. Duménil et M. Löwy) de Lire Marx et Les 100 mots du marxisme (PUF, 2009).

Seraphim Seferiades (Phd Columbia) est Professeur assistant à l’Université de Sciences Politiques et Sociales – Panteion et Life Member in Politics and History à l’ Université de Cambridge (CLH). Secrétaire de l’Association de la Science Politique en Grèce, il a été Hannah Seeger Davis Fellow à Princeton University, Jean Monnet Fellow à European University Institute et Tutor aux Arts à University of Cambridge (CHU). Ses intérêts scientifiques sont axés sur la sociologie historique du mouvement ouvrier, la politique conflictuelle et la méthodologie en sciences sociales. Il a publié dans les revues Comparative Politics, European Journal of Industrial Relations, Journal of Contemporary History, the RIvista Italiana di Scienza Politica, Journal of Modern Greek Studies et Greek Political Science Review. Il est en train d’achever la publication de deux ouvrages sur la politique conflictuelle et l’historiographie.

 

Bruno Tinel, économiste, est maître de conférences à l’université Paris 1 et membre de l’axe «Institutitions» (ex équipe Matisse) du Centre d’Économie de la Sorbonne. Il est membre de l’International Initiative for Promoting Political Economy (IIPPE) et cofondateur de l’Association Française d’Economie Politique (AFEP), lancée fin 2009. Il a notamment publié «A quoi servent les patrons?» Marglin et les radicaux américain (ENS Éditions, 2004).

 

 Slavoj ŽiŽek, philosophe slovène, traite de psychanalyse, de culture et de politique. Parmi ses derniers ouvrages parus en français: Le Spectre rôde toujours: Actualité du Manifeste du parti communiste (Nautilus, 2002), Plaidoyer en faveur de l’intolérance (Climats, 2004), Que veut l’Europe? Réflexions sur une nécessaire réappropriation (Climats, 2005), Bienvenue dans le désert du réel (Flammarion, 2005), Le Sujet qui fâche. Le centre absent de la philosophie politique (Flammarion, 2007), Fragile absolu. Pourquoi l’héritage chrétien vaut-il d’être défendu? (Flammarion, 2008) et Après la tragédie, la farce! Ou Comment l’histoire se répète (Flammarion, 2010).

 

Abstracts

 

Etienne Balibar, Some Occasional remarks on Communism.

The following preparatory notes are offered as a reaction to a somewhat surprising event : the renewed interest in «communism» and its symbolism. These remarks seek to define the conditions for a genuine debate, one that will avoid confusions and impostures. “Who are the communists?” in a given political conjuncture. That is a question which, today, in the framework of a global capitalist crisis, must be given primacy over the question “what is communism?”  We must remind ourselves, furthermore, that this was already the case in the Communist Manifesto. A genealogy must nevertheless be attempted, if we are to trace back Marxian communism to its multifold (Western) background. To conclude, these remarks offer a diagnosis of the theoretical aporias in Marx, which are also the conditions for a critical incorporation of his theory within new emancipatory projects.

 

Jacques Bidet, Communism between Philosophy, Prophecy and Theory.

Communism opposes both Liberalism, which articulates the standpoint of capitalist property, and Socialism, taken as the model of those who incarnate «managerial competence”. So far as Marxism is concerned, it conveys the ambiguous design of a Communism understood in terms of Socialism. In this sense, Marxian discourse does entail a certain relation with «real socialism», and also with Western socialisms. The discredit which has fallen upon the latter would appear to be an invitation to take up the banner of Communism or of the “Common” as an alternative to the (socialist) alternative. The approaches of Badiou, Rancière and Negri are here reconsidered in the light of a «metastructural» problematic.

 

Gérard Duménil, Michael Löwy, Emmanuel Renault, on Marx et Marxisms.

In response to the questions addressed by Jacques Bidet and Bruno Tinel, Gérard Duménil, Michael Löwy and Emmanuel Renault here outline the approach they adopted in their two recently published books on Marx, (Lire Marx, “Reading Marx”, PUF, 2009) and on Marxisms (Les 100 mots du marxismes, “The 100 Words of Marxism”, PUF, 2009). The questions raised here mainly hinge on the articulation between the political, the philosophical and the economic dimension of Marx’s writings, and the way these can be mobilised within contemporary debates.

 

Franck Fischbach, Marx and Communism.

Marx was always extremely reluctant to offer a positive description of a communist society. Communism, for Marx, is neither an ideal nor a utopia. This does not mean that communism is an immanent process through which capitalism is to abolish itself, in a quasi-automatic manner. Capitalism sows the seeds of a communist society. However these seeds cannot grow spontaneously. This is because capitalism simultaneously generates obstacles to their full development. Clearly, the idea of communism has no meaning for Marx apart from an action that is consciously and voluntarily opposed to these impediments. Communism is thus a dynamic which already exist. Its only existence is however through the praxis of those who actually struggle for the flourishing of a higher form of life.

 

Jean-Marie Harribey, From Work to Ecology : A New Way for Socialism.

The articulation between social and ecological questions connects, on the one hand, with the question of the ends of human work, insofar as it is an activity aimed at the production of goods and services which can satisfy needs and, on the other hand, with a conception of wealth going beyond the exclusive framework of commodity value that capitalism imposes. The article presents the current state of thought on a number of theoretical questions which are being debated within this perspective. It invites us to renew our connection with the critique of political economy whose starting-point is the analysis of commodity.

 

Loukia Kotronaki, Seraphim Seferiades, On the Paths of Anger: The Space-Time of a Revolt, Athens, December 2008.

The aim of the article is to throw some light on a particular form of political conflict, one which has till now has been little explored in theoretical terms: insurrectional collective action. While the article is an examination of the «events of the Greek December», taking these events to be a typical expression of this sporadic mode of collective action, its primary task is a conceptual one. Events of a similar nature are often interpreted as cases of rioting. Having first defined the notion of the «riot», the article then goes on to argue that the “Greek December” was not a “routine” riot, that it constituted a specific and conflictual mode of engagement in politics: insurrectional collective action. The article argues that the distinctive and determining factor is to be located in the process of propagation of the acts of rioting over a spatial span going far beyond the initial flashpoint. The process of diffusion cannot be apprehended if we fail to take into consideration three dimensions of a conflictual politics, which till then had been neglected: the emotional, the spatial, and the temporal.

 

Kolja Lindner, Marx’s Eurocentrism: Postcolonial Studies and Marx Scholarship.

This article takes as its starting-point the fourfold concept of Eurocentrism developed in postcolonial studies and global history. Against this backdrop, it traces the treatment of non-Western societies throughout Marx’s work. His 1853 articles on India are shown to be Eurocentric in every respect. They are partly based on a travel narrative written by François Bernier. Bernier’s text is analyzed in some detail as one of Marx’s sources. Marx’s treatment of the 1857-59 Indian rebellions also displays Eurocentric traits. However his writings on British colonialism in Ireland begin to break with the Eurocentric mould. The Marxian critique of political economy is, in contrast, saturated with Orientalist motifs. The late work is however quite different in this respect. Both in the excerpts from his readings from 1879 on and in his discussions with the Russian Social Revolutionaries, it is evident that Marx breaks with Eurocentrism. The development of Marx’s thought thus shows that the somewhat hasty dismissal which he is frequently subjected to in postcolonial studies is, in many cases, inadequately thought out. The fact remains however that Marxists striving to apprehend global capitalism, historical progress and contingent development have something to learn from postcolonial studies.

 

Michael Löwy, Rosa Luxemburg and Communism.

There are four topics in Rosa Luxemburg’s writings which are of particular importance from the perspective of a refoundation of communism in the 21th century :  internationalism, an “open” conception of history, the importance of democracy in the revolutionary process, and the interest in the “pre-modern” communist traditions. This last aspect of Luxemburg’s thinking is less well known. By confronting the industrial capitalist civilization with the communitarian past of humanity, Rosa Luxemburg broke with linear evolutionism, positivism, social-darwinism and with all the interpretations of Marxism which tend to reduce it to an advanced version of the philosophy of inevitable progress. The issue, in these texts, is, in the last analysis, the very meaning of the Marxist conception of history.

 

Chantal Mouffe, Communism or radical democracy ?

It is the very idea of Communism that is to be questioned, insofar as it implies an anti-political view of society whereby all antagonisms would eventually be ruled out, and in which domination, the State, and all the other regulating institutions would be deprived of any relevance. Clearly, social divisions and antagonisms are socially constitutive. They demand or aspire to hegemonic order. In consequence, the substance of emancipation does not consist in reconciliation but in a radical democracy, in the extension of democratic struggle to ever larger social fields.

 

Jean-Luc Nancy, The Common that is Least Common.

It is not a mere accident if the notion of The Common designates both what is shared by several and something which is banal or trivial. Nothing is more shared than that which is most ordinary. The consequence is that the representations of a «Communism» -even if we leave aside the reference to the various regimes which appropriated the idea of «communism»- are so easily charged with the mistrust which is addressed to the idea of levelling, and with the accusation of seeking to liquidate distinction and superiority. What is collective is accused of stifling originality. «Real» communisms did nothing to try to project a different image. However the communist idea need involve nothing that is «common». On the contrary. It should open upon the denunciation of the vulgarity of individualism.

 

Toni Negri, Is it possible to be communist without Marx?

It is evident that when Marxist communism achieved its actual realization the State became omnipotent and the Public falsified the Common. Do struggles for communism therefore have to start by eliminating Marx’s thought?  The answer is no. Communism needs Marx in order to root itself within Common praxis. Contrary to what a few contemporary philosophers think, without historical ontology there is no communism. Without a logic of production, the communist struggle cannot become an “event”.

 

Stefano Petrucciani, The Critical Theory of the Frankfurt School and the 68 Movement: a Difficult Relationship

The article examines the relationship between the critical social theory of the Frankfurt School and the student and youth movement of the Sixties. In the course of the decade, it was precisely the young radicals who rediscovered the body of critical theory of the decade of the Thirties which had fallen into total oblivion, even for the leader of the Frankfurt School, Max Horkheimer. Many of the key issues of the 68 movement have a strong connection with the theories developed by Horkheimer, Adorno and Marcuse: the critique of the authoritarian personality, the critique of the consumer society and of the culture industry, the fight against sexual repression and for a new kind of liberation, one which is both collective and individual. The critical theory of the Frankfurt School would thus seem to be the only philosophical perspective to emerge from within Marxism and to have developed a theoretical analysis of the new dimensions of conflict and of the new forms of subjectivity which emerged through the 68 movement.

 

Immanuel Wallerstein, The Crises of the Economy-World and the Overcoming of Capitalism : From the 1970s to the New Century.

The current crisis of neoliberalism can only be understood if we resituate it within the context of the historical dynamic of the capitalist mode of production. The precedent most often cited is that of the 1929 crash. There is however another comparison which is equally apposite, the comparison with the structural crisis of the 1970s. How are we to compare the economic factors which are involved here, the conditions which led to the crisis and their political consequences? Can we argue that the current crisis is ushering in a new phase of capitalism, or that it is opening up a number of alternative paths? These are some of the crucial issues addressed here by Gérard Duménil in the questions put to Immanuel Wallerstein.

 

Slavoy Zizek, The Return of the Political Economy.

If value, as the abstraction of use value, as real abstraction, is at the very beginning of conceptual thought, it implies an idealistic representation of society. Hegel’s logic is not however that of Marx’s Capital. It is rather a mystifying expression of the real inversion, between man and thing, of a subjectivity that is immerged in a substantial totality and which is to be understood in materialistic terms: Spirit is a substance that subsists only through the activity of the subjects engaged in it. Such is the process of capital. Communism emerges only through its failures to actualize itself fully. This is the starting point for a consideration of material labor and rent.